Le récit
Après des mois à avoir imaginé et préparé ce projet, me voilà sur la route. Nous sommes le 21 mai lorsque je claque la porte de chez moi. A ce moment, la réussite de ce projet n'est qu'un grand flou. Je pars uniquement avec mon matériel pour être autonome (tente, matelas, duvet, réchaud etc ...) ainsi qu'un itinéraire que je vais suivre. Je n'ai pas planifié d'étapes précises.
Même s'il s'agit de mon premier "gros" projet d'aventure, je sais que tout ne va pas se passer comme prévu et surtout que je vais devoir gérer ces moments là. Vais-je réussir ? Je n'en sais rien mais j'y vais !! Et c'est bien ça, le premier pas vers la réussite.
La première partie de mon aventure me mènera jusqu'au Danemark, où j'ai pris le ferry pour rejoindre la Norvège et sa capitale, Oslo. Pendant ces 15 j à travers la France, la Suisse, l'Allemagne et le Danemark, j'ai vécu de formidables moments. J'avais pour objectif de partir tranquillement en terme de KM par jour. Environ 130. J'ai eu la chance de vivre l'aventure comme je la définirais. Des moments difficiles de doutes, mais surtout des magnifiques rencontres. J'ai eu la chance de me faire héberger plusieurs fois chez l'habitant.
Le dépaysement des pays scandinaves
Il est temps de rallier les pays scandinaves ! Après une nuit passée sur le ferry, je débarque à Oslo, où je prendrais un jour de repos pour visiter. Je ne le sais pas encore mais ça sera mon 2ième et dernier jour de repos jusqu'au Cap Nord.
Les paysages sont magnifiques et je me retrouve exactement dans l'ambiance que je m'étais imaginée : la solitude, des paysages magnifiques, sauvages et apaisants. Après 2 semaines, j'ai l'impression de faire partie de la route. Je suis dans mon élément, j'ai mué. Les seules choses qui comptent sont : trouver à manger, trouver à boire, pédaler et dormir. C'est tout.
La 3ième semaine de mon aventure marque un tournant sportif. Je sais à présent que j'irai atteindre mon objectif. Dans les délais, je ne sais pas, mais rien ne pourra m'arrêter. Je peux être ralenti mais pas arrêté, à présent j'en étais sûr. Même la pluie quotidienne ne me fait plus rien. Je décide donc d'augmenter les distances, puisque tous les signaux sont au vert. Rapidement j'atteins les 200km par jour. Plus ça va, plus je me permets d'enchainer.
Pour ceux qui ne l'ont jamais expérimenté, les journées passent très très vite. 10 heures de vélo sans compter les pauses ... heureusement, à présent, le jour ne me quitte plus.
Je dors un peu partout. camping, cabane en libre accès, chez l'habitant ou en camping sauvage. (Le camping sauvage est autorisé de partout là haut). Les rencontres faites resteront à jamais. 1 an après, je suis toujours en contact avec les gens rencontrés sur ma route. L'isolement (la Norvège a une densité de population de 14 habitants par KM²) et la difficulté des conditions (le 15 juin, il faisait 3 degrés et il y a de la neige un peu partout) font que les rencontres ont une saveur particulière même si j'apprécie me retrouver seul dans cette région du Grand Nord.
Les jours passent, rythmés aux coups de pédales, barres chocolat et autres friandises. Depuis quelques jours, je ne regarde plus la carte puisqu'ici, il n'y à qu'une seule route. Lorsque j'arrive à mon avant dernière étape avant mon arrivée, je me retrouve sur Google Maps, et pour la première fois depuis plusieurs jours voir semaine, je regarde ma position par rapport à ma maison. Je suis très surpris, dans le bon sens, d'être aussi loin de chez moi. Mon objectif est très proche. Ca sent bon ! Plus que 130km !!
Après 29 jours, je suis au point le plus au Nord de l'Europe !!
J'ai donc réussi. C'est fou. Je ne réalise pas. Lors de mon arrivée, j'écrirais :
J29 :
Je pars du camping. Ça se passe bien jusqu'à 1h de l'après-midi et 80 bornes effectuées. Après ça énormément de vent de face. J'avance sur du plat à la même vitesse qu'une bonne côte sans vent. 🥵
Je mange un bout et je me balance dans ces 30 derniers km.
Je vois les panneaux, le Cap Nord se rapproche, pourtant j'ai l'impression que je suis dans ma routine. Pédaler pour avancer. Avancer vers mon objectif. Sauf que là il est à quelques dizaines de km.
Ça monte fort. 9% de moyenne sur 6km rien que sur la première partie. Depuis le départ le 21 mai, je contrôle ma fréquence cardiaque, pour pas que le cœur s'emballe et créé trop de fatigue. Mais là impossible. Les pulsations montent autant que la pente. Le vent est très soutenu. Je suis obligé de piloter à la montée. Quand je regarde les motards, tous assis à califourchon, la moto inclinée pour contrer le vent, je me vois dans un miroir. Je fais la même chose. C'est dire la force du vent. Dès qu'un camping-car me double, ça fait des turbulences, je fais des écarts conséquents sur la chaussée. Pourtant je m'emploie pour garder le Cap ... 🧭
J'oublie que c'est juste là, rien qu'en voyant les paysages lors de la montée. C'est magnifique. On se croirait dans un film mais en vrai. Après quelques passages vallonnés, j'attaque sans le savoir le dernier pétard de la montée. Je sais que ça approche ... Encore quelques coups de pédales. J'y suis. D'un coup, tout s'arrête. Littéralement, je suis seul au monde malgré les gens autour. 🚌
Je ne vais pas directement au globe. Je suis là à quelques centaines de m, bouche bée. Je contemple la chose. Pendant 4,5 minutes.⏳
A ce moment tout se mélange. Évidemment je me dis que je l'ai fait, je serre le poing et en même temps une part de moi ne réalise pas. Curieuses sensations. J'ai des frissons. Je suis très silencieux, probablement le sourire aux lèvres. 🌐
Je décide d'aller à la rencontre de ce fameux globe. Première approche, trop de monde. Je traîne sur secteur. Des gens se rapprochent de mon vélo, qui est posé là, prennent des photos avec. Comme si c'était lui qui les avait amenés là. Pour rigoler, je leur demande si c'était difficile, car ça a toujours été mon rêve ... 😂
De là, j'en prends plein la gueule. Ce n'est que le début. Beaucoup de monde vient me parler. Depuis quand je suis parti, où, tout le long vraiment ? ...
Tous me félicitent. Moi qui pensais venir prendre ma photo en toute discrétion, je me retrouve à répondre à plein de questions. Presque je suis gêné. Je ne réalise pas. Je reste là de longues minutes malgré le vent qui nous gèle.
Je tiens ma photo sans personne dessus. Je file au resto. La bière est bonne. Je recroise des français motards que j'ai croisés quelques jours plus tôt. Il me félicite car même pour eux le vent était terrible. Je mange, face au globe. Je regarde au loin et me dis que c'est impossible d'aller plus au nord à vélo en Europe. Wow, okey Quent tu l'as fait alors ! 🚴
Je fais mon petit post Instagram, j'envoie un message à tous les gens croisés sur ma route pour les remercier d'avoir fait partie de mon aventure. 🙏
Je file monter ma tente, non sans mal avec tout ce vent. J'allume mon tél. J'en prends une nouvelle fois plein la gueule. Je n'étais vraiment pas prêt à ça. Tous vos messages, commentaires et autres messages vocaux. Ça me fout la larme a l'œil. 😅
"Machine", "Trop fort", "Sacré bonhomme" ... Ce ne sont pas vraiment les mots que je dirais pour me définir. J'ai juste l'impression d'avoir fait quelque chose qui me donnait vraiment envie et surtout qui me faisait vibrer. Rien d'exceptionnel en soi. Pour moi c'est presque normal. Certains me disent que ça les a fait rêver, d'autres me disent que ça les inspire ou encore qu'ils vont s'essayer à faire des choses dans le genre et surtout à vivre des aventures dans leur vie. Et pour de vrai, ça me touche énormément. Je n'étais vraiment pas prêt une seule seconde à recevoir ce genre de message. Comme si il y avait un deuxième Quentin Ruffier au Cap Nord.
Je vais m'allonger. Je n'arrive pas vraiment à dormir. Le temps passe trop vite, j'en perds la notion. Je me lève à 00h pour voir le soleil. À cette heure ci, j'ai oublié qu'il fallait des lunettes !!! Je retourne dans ma tente. Je dors une poignée d'heures. 😴
Je me fais inviter au petit-déjeuner par des retraités allemand. Improbable. J'accepte. J'y resterai 1h30 à discuter avec eux. Je redescends du Cap Nord pour prendre le bus jusqu'à Alta. Flemme de faire la même route qu'à l'aller. Je m'arrête manger dans une station-service et là, quelqu'un toc aux carreaux derrière moi. C'est Jean Luc, Thierry et Martin. Que j'ai rencontrés, il y a 4,5 j. Ils ont reconnu mon vélo en arrivant. On discute. Je me cale sur leur plan, à savoir le ferry jusqu'à Tromso. Départ à 6h demain pour les Lofoten. La bonne nouvelle, c'est que je vous emmène avec moi !! L'aventure continue. 👍
Ces dernières 24h sont folles. J'en ai profité au maximum, du maximum. Soyez-en sûrs. J'ai des souvenirs à vie. C'est dingue.
De Champagny jusqu'au Cap Nord. Comme quoi des rêves ça peut mener loin ! Rien que d'écrire ce post me donne des frissons. Alors faites le aussi, rêvez, vivez et aventurez vous. 🔑
Merci encore à tous, même avec les fraîches températures, j'ai le cœur chaud et pour quelque temps ! 💚
J'ai donc réussi à aller au Cap Nord au solstice d'été ! Mais cela ne représente que 50% de mon projet : Il me faut y retourner au mois de décembre, lorsque les températures sont négatives, les routes gelées.
Le carnet de route
Écrit au fil du voyage sur Polarsteps.
Satigny
C'est parti pour de bon !
Premier jour. Beaucoup d'émotions pour le départ. Les premiers coups de pédales ne sont pas faciles 😂
Une bonne première journée. 150 km au compteur. Ainsi que 30 degrés quasiment tout le temps. C'est monté jusqu'à 34°C. C'est chaud, mais pour un Champagnolais c'est au-delà du supportable 🥵
Les 15 kgs de chargement se font sentir. J'ai jamais été aussi collé en montée ... Ce n'est pas grave, le but ce n'est pas d'aller vite, mais loin 🌐
Et ce soir, je plante la tente sur Genève. A peine en bordure. Tout comme je n'avais pas prévu. L'aventure, c'est ça. Je suis en plein dedans.
Une bonne journée pour se mettre dedans. Demain, j'essaie de prendre + de photos et vidéos. D'ici là, des bisous. 😘
Les Hauts-Geneveys

Je quitte le camping où j'ai fait connaissance avec des Allemands qui descendent à Marseille en vélo. Sympa de discuter avec eux.
Moi je vais direction le lac de Neuchâtel et commencer le dénivelé pour traverser le Jura.
Les 50 premiers km se font bien, je suis vraiment en mode balade le long du lac Léman. C'est trop beau et la piste cyclable est un bijou. Après ça, je prends sur la gauche pour viser le lac de Neuchâtel. Des taquets a 15% me font sourire a ce moment de la journée.
Petite faim, je décide de manger ... Merde c'est dimanche. Y'a pas grand-chose d'ouvert. Je me rends compte qu'en fait, j'ai déjà perdu le fil des jours. Je mange peu, pas assez.
Ça suit une longue traversée du désert, qui me force à revoir mes plans. Trop de deniv et de distance pour aller ou j'avait prévu. Le poids du vélo me ralentit terriblement, les pentes sont raides et pas coupées par des lacets comme c'est le cas chez nous. Ici ça monte droit dedans. Les 15/16 voir 17% me font beaucoup moins sourire en ce milieu d'apm. Je suis pas loin d'insulter n'importe qui ou n'importe quoi. L'orage me tombe dessus. Contre toute attente, ça me remet dans le bon état d'esprit. Je grimpe, je Zig Zag pour couper la pente ... Encore. Et encore.
Je finis par trouver un endroit top pour dormir. Pas de camping ce soir, mais un toit sur la tête dans un bout de cabane. 135km / 2000m D+ aujourd'hui. Le top. Tout va bien.
Mulhouse
Ce matin, j'enfourche mon vélo pour reprendre ma route. Reprendre la montée interminable de la veille, là où je l'avais laissée. Les jambes vont bien. Très bien. Le reste de cette montée est passée d'interminable à formalité. Le corps & l'esprit s'habitue. C'est dingue comme le corps humain peut s'adapter.
Je me freine car j'ai envie d'appuyer en ce début de journée ... Petit tour à la boulangerie pour prendre quelques forces (je vous épargne le prix du pain au chocolat en Suisse 😂). Les premières gouttes apparaissent. Veste ou pas veste ? Ok veste.
En descente je prends trop de plaisir. L'asphalte est nickel, je prends le même kiff qu'avec une bonne paire de GS sur une piste damée nickel en janvier (t'es un vrai si ça te parle). Paf. Orage. Je sors l'artillerie lourde. Je suis étanche de la tête aux pieds. Première fois que je teste le matos en intégralité. Ça fonctionne comme sur le plan. 1h d'orage, des éclairs qui ne tapent pas loin du tout. Je me pose des questions ... C'est une connerie, car je suis juste en dessous. En même temps, je suis dans le Doubs (sans jeux de mots), il n rien pour s'abriter. Mais rien de rien. Alors je continue. Malgré la situation, j'ai le sourire aux lèvres.
Arrivé en haut du col, ciel bleu de l'autre côté. Banzaï direction l'Alsace. Je traverse des villages où y'a rien. Je me claque des pâtes sur le réchaud c'est 15h. Je finis la journée pour boucler ces 120km / 1500 D+ avec le vent dans le dos. 🌬️
Ce soir c'est camping à Mulhouse. Petit entretien du vélo, entretien du bonhomme ... J'ai même mangé des légumes, une première depuis 3j. 🍆
Bref, pour le moment tout va bien. J'ai fini les journées avec le plus de dénivelés jusqu'au Cap Nord. Demain direction Strasbourg, peu être pour passer la frontière direction l'Allemagne. À suivre ...
Gambsheim
Première vraie nuit où je dors correctement malgré l'intermittence des averses. Les jambes vont bien, mais j'ai mal au casque comme un lendemain trop arrosé. Les yeux aussi rouges que si j'avais fait ma nuit en Jamaïque. Pourtant promis j'ai été sage. C'est même pas de ma faute. Le pollen ...
Du coup je traîne. En temps normal, j'aurais même dit que je pinaille. Mais en fait, j'ai le temps alors je le prends. Ça fait du bien. De toute façon, l'étape du jour n'est pas difficile.
120km de prévu, avec exclusivement du plat. Direction Strasbourg. J'ai 2j pour faire 240km. Je suis attendu en Allemagne. En terme de vélo, je longe le Canal du Rhône au Rhin ... Pendant longtemps, très longtemps. Des lignes droites à perte de vue, 0 virage. C'est assez monotone. Et dire qu'en Suède ça sera pire 🙈 Je roule doucement (stats dispo sur mon Strava, lien en bio), je préserve la monture et le bonhomme. La route est encore longue.
J'arrive à Strasbourg, visite express. Trop joli, ça mérite de revenir. Pas facile de visiter quand toutes tes affaires sont sur ton vélo ... Que tu n'as pas spécialement envie de laisser en autonomie en pleine ville. Quant au tourisme en cuissard ... 😎Bref, je ponce la terrasse d'un resto pour le goûter, trop bon 😋 Je reprends ma route.
Je suis au nord de Strasbourg, pour la nuit. Demain je bascule en Allemagne. Finis la France. J'écris ces lignes devant un merveilleux coucher de soleil. Demain direction Heidelberg.
Heidelberg
Je quitte la France direction l'Allemagne. Je discute avec des retraités qui me prennent pour un fou. Je vois dans leurs yeux que j'ai l'air d'un menteur quand je leurs raconte mon projet. 👀 Tout va bien, c'est très plat, j'avance bon rythme, 23/24 km/h de moyenne jusque Heidelberg. La, je retrouve Sepp ! Il me fait découvrir la petite Coline qui surplombe la ville et le vieux château. Sepp, je l'ai rencontré sur Zwift cet hiver lorsque je m'entraînais en ligne sur mon home trainer avec l'équipe @hexagone_saris ! Trop cool comme expérience, je mange et dors chez lui, c'était parfait !
Giessen

Je repars de chez Sepp bien reposé. Je pars avec l'idée de faire 150km si possible. Direction Francfort en début d'après-midi. J'y suis à 14h.
Première journée difficile moralement depuis le début. l'Allemagne que je traverse n'est pas très diversifiée. Pas beaucoup de paysages à se mettre dans la rétine. C'est super peuplé, donc pas vraiment de moment de calme sans voitures, sans feu rouges ... Le bitume des pistes cyclables Allemand est carrément pourri pas mal de fois, ça m'oblige à rester très concentré pour pas abîmé mon vélo ou crever !
Ça commence à m'user dès le milieu de la matinée. Les heures qui suivent sont dures. Moi qui adore le vélo de route car il permet d'aller vite tout en voyant du paysage, je me retrouve à voir du béton, éoliennes et autres ligne électrique à perte de vue, le tout en m'arrêtant trop de fois à des feux rouges.
L'opposé de ce qui fait mon carburant pour avancer dans cette aventure.
Je râle un peu, je perds le sourire ... De toute façon, les gens ne sourient pas trop non plus ici 😂.
Je passe en mode robot. Coup de pédale après coup de pédale. Limite, je perds la notion de temps. Quand j'écris ces lignes, j'ai l'impression que c'est passé super vite ... Sur le vélo c'était long.
Bref, vous l'aurez compris, ce n'était pas la plus facile. Ça ne sera pas la plus difficile non plus. Simplement ça m'a usé moralement plutôt que fatiguer physiquement. Je finis la journée avec 150km au compteur. C'est top, content de l'avoir faite !
Normalement demain ça sera un peu "nature" sur le parcours. Nouvelle journée demain, ça repars au charbon 🤘
Diemelsee
Nuit courte. Mais bien récupéré. Je me brûle les doigts avec mon réchaud. Ça part fort ! Je me mets en selle, tenue de pluie intégrale. Il pleut, 2/3h avec 13 degrés au thermomètre. Je m'arrête faire des courses, j'achète des trucs quelconques, mais surtout du Camembert et une cartouche de gaz pour le réchaud ... Mais pas pour me brûler 😂 Me voilà dans une partie très vallonnée. Pas mal de dénivelé. Mais c'est magnifique. Après la journée d'hier (post d'hier), le contraste est fort. Les paysages défilent. Des champs d'éoliennes, ça me rappelle l'Irlande. Des paysages magnifiques, les gens sont super gentils, je suis au paradis. J'ai à faire à un fort vent. Principalement défavorable. Il fait 15 degrés. Bon vieux diesel que je suis, je suis mieux au bout de 3/4h, à partir de là c'est le top. Je profite de chaque moment, de ma liberté et surtout je réalise pour la première fois que ça fait déjà 7j que je suis sur la route. J'ai l'impression que je partais hier. Mais j'ai l'impression d'avoir déjà vécu 1000 trucs. C'est le cas. Je roule jusqu'à tard. Car c'est beaucoup trop bon. Je suis libre, maître de mon temps, j'en profite. A 19h je suis encore sur la route. Je ne sais pas où dormir. J'achète de l'eau dans un supermarché. Martin me demande si j'ai une tente. Je réponds que oui. Je lui demande s'il a un endroit a me conseiller pour dormir. 🏕️ Il me donne deux trois endroits sympas au bord d'un lac. Et on discute un peu. Il finit par me donner l'adresse de chez lui. 🙏 J'arrive pas à m'inviter de suite. Il me dit que je peux venir quand je veux. Je prends 2km avant de faire demi-tour, direction chez lui. Il est 20h quand je descends du vélo. Martin & Hese me font visiter la maison familiale. C'est l'ancienne école du village. Il me raconte l'histoire de ce lieu qui est le sien depuis 10 ans. C'est magnifique. On parle de vélo, de choses çà et là ... Une belle partie de manivelles pour venir à bout de ces 130km dans le vent. Je partage une magnifique soirée avec mes hôtes. C'est le plus beau moment de cette aventure. Je suis au bon endroit, au bon moment. 😁 Je n'ai pas de réseau, je posterais ça demain matin.
Minden

J'ai dormi à l'école. Mais cette fois-ci pas pendant un cours ... C'était top. Je prends le petit dej avec mes hôtes. Il est 10h quand je me mets en route. Le temps est passé tellement vite. Je n'ai presque pas envie de partir. Direction Minden. Martin (mon hôte) a un ami là haut. Malheureusement il n'a plus son numéro. Il écrit une carte postale, le tout en allemand. Je ne sais pas du tout ce qui est marqué. Il me donne l'adresse et me dit que si je passe par là, que je lui transmets la carte. Je pars donc, avec ma maison, enfin mon vélo, il fait froid. 10 degrés. 40/50km/h de vent défavorable. J'ai trop chaud dans les montées. Et froid à la descente.
Je déjeune tranquille, quand une nouvelle averse me tombe dessus. Je finis mon Camembert rapidos et file. 2 intersections plus loin, un gars me rattrape et me crie dessus en allemand au milieu de ce déluge. Je ne comprends pas un mot. Il fait 7 degrés.
Gérald arrive à vélo d'Heidelberg, d'où j'arrive il y a 2j. On partage la route pendant 2h. Sous le soleil, sous la pluie ... On discute de tout et de rien mais surtout de vélo, voyage et autres cols des Alpes ... Je suis trop content de partager cette route avec lui. Lui aussi, il était au bout du rouleau. Ça nous permet d'avancer plus vite aussi.
Nos gps indique deux routes différentes. On se dit au revoir et on échange nos numéros. On devrait se revoir sur un vélo ... Où je ne sais pas 🧐
J'arrive à Minden. Je donne ma carte postale. Je suis directement invité à entrer et à prendre place au repas familial. J'apprends que le mot de Martin, me recommande comme invité ... Je suis donc là pour la nuit.
Je discute avec le fils de Thomas, qui a fait quelques balades à vélo aussi. Il m'emmène faire des courses ... Demain, c'est dimanche et je ne veux pas me faire avoir comme la semaine dernière. Il me montre un film et un livre qui retrace 3 ans d'aventure d'un type à vélo. C'est le fils du meilleur ami de mon hôte. Le monde est petit, mais tellement grand aussi, c'est dingue.
On regarde la première mi-temps de la finale Real / Liverpool. Je passe mon tour pour la deuxième. Je suis fatigué et j'ai un post à écrire �� Bref demain ça repart direction Hambourg. C'était une journée de dingue, que je vais me souvenir longtemps. Le partage les amis ... Je n'ai pas gagné d'argent, mais crois moi, je suis plus riche qu'avant de partir. Sur ce, j'ai des jambes à faire dormir ... Bonne soirée
Tostedt
Je quitte mes hôtes ce matin, après une vraie bonne nuit. C'était encore incroyable. Je suis invité chez eux à mon retour pour leur raconter mon voyage ... Ils ont été parfaits, vraiment.
Je pars, comme d'hab, je me sens mieux après 2h. Malheureusement, je ne quitte pas l'habit de pluie de la journée ... Ma deuxième peau depuis 2/3j. Elle fonctionne du tonnerre. Le vent s'est quand même calmé. 🚜
Je fais la pause Mc Do ... Seul endroit ouvert un dimanche ici. Après ça, j'appuie un peu plus sur les pédales, histoire de faire défiler le paysage un peu plus rapidement. Quel kiff. Le corps est au top. Le moral aussi. C'est sûr que si je pouvais choisir j'aimerais 20 degrés, soleil etc ... Mais bon, ce n'est pas le cas et malgré tout je m'en satisfais. Dans ma tête je suis préparé à pire. Malgré les 12 degrés moyens, ça ne m'empêche pas d'avancer. Et bien. 150km aujourd'hui. Je suis au camping, il pleut. Je suis pas très bon négociateur je crois, j'ai tout donné pour dormir au sec mais pas possible ce soir.
Je sors ma doudoune que j'avais baladée à travers la France, Suisse et Allemagne. 5 degrés à l'heure où j'écris ces lignes. Demain encore une bonne étape de prévue. Je devrais passer la frontière avec le Danemark après demain. Il me reste 550km environ jusqu'au ferry ... J'avoue qu'aujourd'hui il m'est passé par la tête de les faire d'une traite. Mais merde y a encore 2000km derrière. Je reste sage. 😝
Merci, à tous pour vos messages, ça fait chaud au cœur et je suis ravi que ça vous plaise. Je vous embrasse depuis la Basse-Saxe (région allemande où je suis). 📍
Holzbunge
Tout est trempé. Rien n'a séché. Je remets ma seconde peau (tenue de pluie) une habitude depuis trop longtemps. Je fou le camp à 8h30. 😴
Direction Hambourg ! J'apprends de mes erreurs. J'évite le gros de la ville et les 10000 feux rouges. Stratégie payante, je traverse sans trop m'arrêter! 🥳
Demain je passe la frontière danoise. Je quitte l'Allemagne. Content que ça se finisse.
Vu l'état de leurs pistes cyclables, qui s'apparente plus à des pistes de gravel, avec mon vélo de route je me mets sur la chaussée. C'est sans compter la non-tolérance des Allemands ... Sepp m'avait prévenu. Les Allemands sont des "assholes" ... Pire que les Français. Je lui ai ri au nez quand il m'a dit ça pensant que c'était impossible. Bravo les gars, ont n'est pas les pires 💪
Bref, ça fait 10j que je suis sur la route. Encore 3j avant de prendre le ferry direction la Norvège. J'ai appris beaucoup de choses en 10j. Sur les gens ... Sur moi. Et sur moi par rapport aux gens. Hâte de voir le reste et ce qui m'attends. 👀
Le corps suit bien. La tête aussi. Je vais profiter du ferry pour faire un break. Mais avant ça il me reste 420km à travers un nouveau pays !! Alors le Danemark, ça sera comment ? 🇩🇰
Stubbæk
En me levant je sens un truc bizarre au tendon d'Achille. Je m'écoute beaucoup sur cette aventure car je sais que la route est longue. Je m'inquiète. Je fais 100km à rythme d'escargot pour voir comment le corps réagit. Ça réagit bien. Mais en 100km je me posais autant de questions. Est-ce que mon corps va me lâcher ? Douleurs ou pas douleurs ? Que faire ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Tu penses à ce qui ressemble à une solution, puis tu te poses à nouveau les mêmes questions, tu doutes ... Bref la description pourrait faire des km. Croyez-moi, c'était dur. J'ai craqué. Mais ma motivation reste intacte. Je veux aller au Cap Nord. Je veux être à vélo et surtout en itinérance. J'essaie d'établir un plan ... Faire au mieux, avec ce que je ressens. M'écouter, mais pas trop non plus. Improviser. Bref, ça fait partie de l'aventure.
Haderslev
Je dors dans un endroit magnifique. Des petites "shelters". Je dors jusqu'à 8h30 sans soucis. La matinée passe super vite. Plus la moindre gêne. J'appelle mon ostéo préféré 😘, qui me dit que ce n'est pas très inquiétant et que pour lui, ce n'est pas encore l'heure de trop s'écouter. Ça confirme mon plan. ✔️ Je commence ma journée c'est 13h30. Journée de repos. Je dois passer au magasin de vélo, faire des courses et relier le camping que j'ai choisi à 20km. 🏕️ Je passe au premier magasin de vélo. Je lui explique que j'ai l'impression que mon pédalier craque. Il me dit qu'il ne peut pas faire quelque chose avant demain. Donc pas possible pour moi. 🕐 Je vais voir un deuxième magasin. Le premier gars me dit que ça vient de la roue. Ok, je suis pas non plus un guignol ... Je connais mon vélo. Et en France je ne vais plus en magasin car je suis capable de réparer l'ensemble de mon vélo. Un collègue à lui vient. Il nettoie ma transmission. J'ai du dégraissant mais pas de chiffon donc ce n'est pas l'idéal. Une fois nettoyé, il me donne un chiffon. Je demande pour payer. Il refuse. Ce gars a juste passé 15 minutes à tout nettoyer ma transmission et m'a donner un chiffon, juste en me disant : c'est mon pays, le Danemark ici. Ok merci beaucoup l'ami Danois ! 🇩🇰
Je rejoins le camping. Le spot est magnifique avec un petit port de pêche. Je fais ma lessive, nettoie complètement mon vélo (je n'avais pas trouvé de station de lavage jusqu'ici). Je m'aperçois que c'est ma chaîne qui fait des craquements. Elle a pris un peu de sable. Je prends le temps de me reposer. J'optimise ma récup. Il fait beau en cette fin d'apm. C'est vraiment agréable. Après plusieurs jours de mauvais, être en short t shirt à une saveur particulière. Je trempe les pieds dans la mer J'ai l'impression d'être en vacances. Les vraies vacances, pas celles avec 140km par jour à vélo hein. Si mon corps le permet je serai au ferry vendredi soir. Sinon samedi soir. D'ici là, ne vous inquiétez pas, tout va très bien, je vis la grande Aventure. C'est un maxi plaisir. Récap depuis le début : 12j, 1 400km, 11 000m D+.
Skanderborg
Je me réveille avec le bruit des gouttes d'eau sur la tente. Tout est humide. Vraiment. Je pack mes affaires. Je suis heureux d'être de retour sur la route après la journée de repos. Je dis au revoir à ma voisine au camping et c'est partiiiii. Il me restait 300km jusqu'au ferry. J'ai l'intention de faire mi-chemin aujourd'hui.📍
Je pars sous la pluie. Je commence à avoir l'habitude. Je sens que le jour de repos m'a fait du bien car malgré les 10 degrés, j'ai moins la sensation de froid par rapport aux jours précédant. Bon signe. 👍
Mon chef météo à la base de Champagny m'avait indiqué 40/50 km/h de vent NO qui tourne N ... Ok on est en plein dedans. Je lutte. Je bataille. Le vent de face c'est usant. Physiquement mais surtout mentalement aujourd'hui. Comme vous l'avez vu en stories, je craque. Je me plains, car ça me permet d'extérioriser et d'exprimer ma frustration. 🤬
Ce genre de petite bataille, j'en ai déjà livré des dizaines. Je sais que mes limites sont loin, très loin de là où je suis. Ces conditions me transcendent. J'aime ça. Pourtant, ça m'use quand même, parce que je sais que dans ces régions à cette période les températures et la météo peuvent carrément être favorable. Voir parfait pour moi. Ni trop chaud, ni trop froid. Voilà pourquoi ça me "gave". Forcément en écrivant ces mots je peux dire : ça fait partie de l'aventure. Mais une fois les fesses sur la selle, depuis 5/6h, c'est plus la même salade.
Je boucle l'affaire à 130km pour aujourd'hui. C'était assez vallonné le terrain. Je suis ni satisfait, ni déçu. Simplement je suis OK. 130 c'est toujours mieux que 120. Surtout dans ces conditions. 🙂
Demain réveil tôt pour partir à la bataille. J'essaie de faire les 180kms qui me séparent du ferry. Ce n'est pas l'objectif ultime. Si les conditions sont trop difficiles, je ferai en 2 fois. Pas de pression. ✌️
Frederikshavn

Je suis réveillé tôt. Et avant mon réveil. 6h30. Parfait, à 8h je dois partir si je veux tenter de faire les 180km qui me séparent du ferry. 🦿
8h15 je suis partie. Les 700m de D+ de la journée sont condensés dans les 80 premiers km. Que je boucle à 19 de moyenne. Aujourd'hui toujours du vent mais pas de pluie. Vent défavorable. Cependant je suis à l'abri, dans les forêts. Je suis bien. À 13h j'ai fait la moitié de la journée. J'ai de la marge, l'embarquement du ferry est à 22h. Je réserve. Je ne m'arrête pas faire de repas à midi. Simplement je mange en continu toute la journée. Je me fais juste un bon goûté vers 16h30, lorsqu'il me reste 45km à parcourir. Rien ne sert d'arriver trop tôt. Les 30 derniers km sont terribles. Plus rien pour s'abriter. Je suis en bord de mer. Le vent est fort. 🌬️
Quand je vois moins de 10km jusqu'à la destination, je suis pris d'un mélange entre euphorie et fierté. C'est con à dire mais je réalise enfin ce que je viens de faire. Je suis au bout du Danemark. J'ai bouclé ces 1700km depuis la maison. Le moral est bon et le physique aussi. Tout n'a pas été parfait. Mais ça carrément bien fonctionné pour moi. Aussi bien qu'espérer. 👍
Devant moi la deuxième partie, la Scandinavie. À suivre.... 🇧🇻🇸🇪🇫🇮
J'en profite pour tous vous remercier, vous qui me soutenez. C'est beau et ça compte pour moi. Vous êtes extra. 🙏
Si j'ai un conseil à vous donner ... Rêvez, foncez, partez ... Faites le. Que ça soit à vélo ou sur les mains, sur terre ou en mer, seul ou à plusieurs, en ça ou en là ... Faite. Vous ne regretterez pas. 😉
Skagerrak
Je me réveille tôt. Trop tôt. Je n'ai pas assez dormi. Couché à 1h. Réveillé à 7. Je sors de ma cabine. Le soleil est là. Il fait beau. Je prends un petit dej et je file sur le pont du ferry. Le rivage Norvègien n'est pas loin. Juste là, sous mes yeux . C'est magnifique ces paysages. Je retrouve la Norvège, comme il y a 3 ans. Je suis fasciné. Ne me demandez pas pourquoi. Je prends quelques photos et surtout je profite. Il me tarde d'arriver sur la terre ferme. Je prépare mon vélo que j'ai laissé tout seul. Rien n'a disparu. Beaucoup d'autres cyclistes. Je me demande où ils vont. Est-ce que je vais les revoir ? Je passe la journée avec Victor et sa femme qui m'accueille. C'était parfait ! La ville est blindée. Très contrastée aussi.
Elverum
Je quitte Victor, Daria et leur petit bout. Je pars à 9h30. J'ai 276km à faire d'ici lundi soir. Avec pas mal de dénivelé. Donc 130 aujourd'hui ça sera bien. Je quitte Oslo. La ville dormait ce matin. Dès le début c'est vallonné. Je ne me sens pas terrible sur le vélo. Comme à chaque fois après une journée de repos. Ça fait 2 ans que c'est pareil. Comme si le corps se mettait en veille. Je lutte pour avoir un rythme. Mais les jambes tournent bien. Simplement j'arrive pas à avoir de rythme. Et surtout j'ai faim tout le temps. Sur l'ensemble de la journée j'ai dû manger 5000 kcal. J'ai rêvé de bouffe toute la journée. A mon ultime arrêt dans une station essence, autour des 100km je commence à bien me sentir. Comme si le corps se remettait en route. Trop bien. Je décide de faire plus long que prévu. Je finis la journée a 146km. 1400 D+. Je pose le vélo vers 20h10. J'aurais pu continuer mais d'autre longues journées m'attendent. Je monte le camp dans un endroit sauvage en pleine nature. C'était sur ma route direction le camping. Sans rien payer. Il est 21h30 quand j'écris ces lignes. Je transpire. Je suis dans la tente. Le soleil tape fort dessus. Mais je suis comme dans un sauna. Je ne peux rien ouvrir car c'est infesté de moustiques ! J'ai le méga sourire ce soir. Il fait beau. J'avance bien. Ça déroule. Et surtout la Norvège me régale les yeux !! C'est tellement beau, de la nature à perte de vue ! Par contre ça ne régale pas le porte-monnaie.
Sälen
J'ai du mal à m'endormir. Il fait encore beaucoup trop jour. L'écart avec la France est énorme, ça y est. Je me fais réveiller quasiment jusqu'au lever du jour par un chevreuil qui ne semble pas trop m'accepter ! Il m'aboie dessus. Je sors de la tente pour essayer de le voir. Il est 3h. Il fait plein jour. ☀️
Aujourd'hui, j'ai pris une dose de nature !! Des chevreuils par dizaines sur l'ensemble de la journée. Il faut dire que c'est une grande traversée du désert. Un désert de faune et flore verdoyante. Je ne croise pas grand monde. Il peut se passer 45 min 1h sans voir un humain. La seule trace humaine que je vois, ce sont ces petites maisonnettes, faites de bois, avec un joli jardin, parfois au bord d'un petit lac. Juste l'essentiel. On est loin du toujours plus. Le tout au milieu de rien. Je m'y vois déjà ... Je me demande de quoi les gens vivent. Les minutes défilent comme les arbres le long de la route. 🌲
Ce soir direction Sälen. En y allant, je passe différentes stations de ski. Ça me ramène un peu à la maison, dans un environnement que je connais. À priori ici aussi à l'intersaison, c'est des villages fantômes ! 👻
Ce soir je dors chez Henrik. Grâce à @warmshowers_org qui permet de mettre des voyageurs à vélo en relation. Soit en tant qu'hôte, soit en tant qu'invité. Henrik m'a dit que je pouvais venir. Ce monsieur qui m'accueille, me raconte qu'il est parti au Cap Nord l'an dernier. C'était son objectif après ça il devait rentrer. Il s'est finalement retrouvé à traverser l'Europe pour finir à Gibraltar en novembre. Il me raconte son voyage. Je vis la même chose mais je suis fasciné. Assez curieux comme sensation. On échange des infos. Il me donne quelques spots de bivouac sur ma route ! Incroyable. 🙏
Le corps va très bien. Je ne tire pas sur la machine du tout. Ça va me permettre d'augmenter les distances ces prochains jours. Voir comment je réagis. Il fait beau, j'ai envie d'en profiter. 🦿
Sveg
Incroyable nuit. Elle fait du bien celle-là après 17j sur la route. Je petit dej avec Henrik, celui qui m'héberge. On parle d'aventure. Comme hier soir. On dirait deux gamins qui parlent de leurs cadeaux de Noël. 🤩
Je pars, vers 9h30. J'ai 160km à faire aujourd'hui. Je ne suis pas en avance. Il fait beau en cette matinée de mon J18. ☀️
Je parcours de longues routes, j'ai fait 2 changements de direction. Sinon c'est plein nord. La matinée passe super vite par rapport à d'habitude. L'après-midi, c'est l'inverse. En même temps, me voilà à nouveau sous les gouttes. 20/30 km/h de vent de face. L'étape est bouclée en moins de 8h pour ces 160km. 🤓
J'ai trouvé un abri, non loin de la rivière à Sveg. J'ai allumé un feu pour les moustiques. Pour le moment il fait encore beau. 🤞
Toute la journée, j'ai ouvert grand les yeux. J'espère voir des élans. C'est possible sans forcer. D'ailleurs Henrik, ce matin m'a raconté sa rencontre avec un ours en Slovénie. Il a eu peur. Mais il a à peiner sorti sa go pro, que la bête avait filée, encore plus effrayée que lui. 🐻
Dans mon cas, je sais qu'il y a beaucoup d'ours en Suède. Je lui demande si j'aurais la chance d'en voir. Il me dit que c'est très peu probable. Il faut avoir beaucoup de chance car les ours nous sentent à des kilomètres. 🍯
J'aimerais être chanceux et croiser la route de cette bête qu'il n'y a plus dans les Alpes.
Et toi, une rencontre avec un ours t'en pense quoi ?
Demain, direction Ostersund. Terre de biathlon. Longue journée, je vais essayer de décoller tôt pour cette 19eme journée. 📆
Kolbacken

Je me réveille toute la nuit. Elle n'est pas très réparatrice. Avec ma moustiquaire sur la tronche, ça ne facilite pas les choses. Ce n'est pas la fatigue qui manque par contre ... 😉
Je me réveille à 6h30. J'ai l'intention de partir tôt à l'assaut de ces 180km. Il n'en sera rien. Après quelques minutes des seaux d'eau tombent. Je décide de reporter mon départ. J'hésite même à prendre le départ. Le problème c'est que le mauvais dure au moins 2j. Sans certitude de beau après. Tant pis je prends la route, je serais mouillé. Sans certitudes de distance, je pars. J'enfile mon t-shirt encore mouillé de la lessive de la veille. Je préfère garder celui qui est sec pour ce soir. Plutôt que d'enfiler un mouillé a la fin de journée, surtout quand tu ne sais pas où tu dors. 🥶
Je finis à 110km. J'en suis très satisfait. J'ai quand même avancé malgré les conditions vraiment pas faciles aujourd'hui. Je ne peux pas sortir le téléphone pour filmer ou prendre des photos il pleut trop. À chaque passage de voiture, je prends une douche. Je cache le nombre de km restant qui s'affiche sur mon gps. Pour 1km j'ai la perception d'en faire 2 voir 3. Autant te dire que ces 110 kms, c'était la bataille. ⚔️
Cette route, la E45, c'est celle que j'emprunterais jusqu'au sommet de la Suède. Pas mal de trafic, je ne peux même pas mettre des écouteurs pour casser l'ambiance du moment. 🎶
Après ma pause-déjeuner, je vise un camping. J'y réserverais une petite cabane. Pour être au sec. Refaire le plein d'énergie et de confort. J'arrive vers 16h. Je nettoie mon linge. Lave mon vélo. Mange. M'étire. Bref je descends du vélo plus tôt que d'habitude donc j'en profite !! Ça fait du bien d'avancer mais d'avoir aussi un peu de temps pour soit au sec et dans le confort. 🤏
Demain aucune idée du plan. La météo n'est franchement pas terrible. On verra.
Strömsunds
Trop bonne nuit ! Celle-ci fait extrêmement de bien ! Je pars à 7h30. Peu importe la météo, je veux avancer.
Je pars équipé pour la pluie. Je ne la prendrais pas de la journée. Jusqu'au milieu d'apm il ne fait pas "beau" non plus. Simplement correct pour enchaîner les Km. Les paysages changent de ce que j'ai vu. Plus d'habitation et surtout des champs cultivés.
Ce soir je dors chez Fredrik, rencontrer sur WarmShowers. Je lui dire que je dois arriver vers 18h , 19h. J'arrive à 19h30. La faute à Komoot qui m'emmène sur des chemins gravel ... Pas très adapté avec mes pneus de 28mm. Je descends du vélo. Marche un peu à côté. Je fais un détour de 10km pour éviter le reste du chemin et préserver ma monture.
Visuellement c'était pas l'étape la plus jolie. Mais passer les 200 bornes ça fait plaisir. Surtout que si je n'étais pas attendu, j'aurais pu continuer. Je finis sous le soleil, j'ai le sourire. Ça se goupille comme prévu pour aujourd'hui.
A voir comment le corps récupère d'ici demain. J'espère avoir la même meteo pour enchaîner.
Vilhelmina
J'ai dormi comme un bébé. Vraiment. Je me réveille les jambes un peu raides pour être honnête. Mais je sens que j'ai bien récupéré. Je prends le temps de faire un bon petit dej chez mon hôte. 💪
Je pars équipé en habit de pluie. Le ciel est juste chargé. Je fais toute la matinée sans précipitations. Ça fait du bien. Les jambes tournent bien. Les 2 premières H seront les plus dures. Comme souvent. Après un déjeuner quelconque, je prends la pluie jusqu'à 15h. Des averses. On / Off. Des fois j'ai l'impression que c'est fini pour de bons, j'enlève les couvres chaussures pour les remettre 5km plus loin ... À 16h, je suis en short. Il fait vraiment bon, les paysages sont magnifiques. D'ailleurs, je suis officiellement en Laponie. Petit à petit, les sapins laissent place aux feuillus. Des boulots. Depuis quelques jours les paysages sont assez similaires. Je ne m'en lasse pas. Passionné par ces paysages du nord. J'essaie d'imaginer à quel désert ça peut ressembler l'hiver ... J'ouvre grand les yeux. J'essaie de voir des animaux. Un renard et des rennes sur ma route. Magnifique, mais trop loin pour prendre une photo potable. Plus tard j'aurais l'occasion de vous montrez. 🦌
J'ai trouvé une petite cabane. Je préfère dormir sous un toit. En terme de récupération, je vois vraiment la différence. Partir en étant complétement humide et sans jamais vraiment se sécher, pour redormir dans une tente humide, ce n'est vraiment pas l'idéal pour récupérer. Au sec j'économise de précieuses forces. J'ai un toit au dessus de la tête mais j'ai quand même monté ma tente. C'est littéralement infesté de moskitos. Un enfer, pour de vrai. Si je suis statique, ils sont des dizaines ... Voir des centaines. La tente protégera mon visage d'une défiguration. 🧐
La fin de journée est idéale. J'ai envie de continuer ... Refaire 200km. Je me freine car je sais que c'est potentiellement trop. D'ici quelques jours on pourra se faire plaisir. Sauf si je décide un itinéraire surprise pour mon retour ... T'en dit quoi ?
Slagnäs Camping
Je me mets en route à 8h30. Il ne pleut pas. Il faut juste frais. 11 degrés.
Après quelques kilomètres, un élan traverse devant moi, comme si de rien n'était. Il disparaît dans la dense forêt sur ma gauche. Sans que je ne puisse sortir le téléphone ou la caméra ... La journée commence bien. 🤩
Le ciel s'éclaircit. J'ai même le droit de me mettre en short / t shirt. Incroyable après 1 semaine et mon départ d'Oslo. Il m'arrive plusieurs fois de me rhabiller en pluie, pour traverser les quelques averses sur mon chemin. Jusqu'à ce qui n'était pas une averse. Un orage. Des éclairs tous azimuts. Je suis au mauvais endroit. Faut que je m'éloigne, ça tape pas loin du tout. Je suis trempé. Impossible de se mettre à l'abri, il n'y a rien à part de la végétation ici. L'instinct de survie reprend le dessus. J'ai beau être a 110/120km, j'appuie un peu plus et surtout je ne m'arrête pas. Tête baissée, je vois le flash des éclairs dans mes lunettes alors que je regarde ma roue avant ... Après 45 minutes, je trouve un abri dans le premier village. L'orage lui, s'écarte sur ma droite. Ouf, c'était pas loin. 🤏
Je me repose pendant 1h30 avant que la pluie ne s'arrête. Je fais mes courses pour ce soir et je repars. 150km au compteur aujourd'hui. J'ai quasi l'impression d'avoir pris une journée de repos. C'est dingue. 🦿
C'est maintenant officiel, il me reste pile 1000km jusqu'au Cap Nord. Si proche, si loin. Vous l'aurez compris je pense, celui qui régit la météo peut mettre ce qu'il a envie en travers de ma route, j'irais au bout. Je suis prêt. Sauf un camion en pleine face bien sûr. 😂
Cette aventure est dingue. Je me prends fort par les tripes. Je suis exactement à ma place. Comme un poisson dans l'eau... Sous l'eau. Simplement heureux. 🌲
D'ici là, ce n'est pas fini, on repart demain ! Longue journée, c'est la seule chose que je peux vous assurer 🤘
Jokkmokk
Réveil 5h15. Je pars à 6h30. À cette heure-ci, j'ai la route pour moi tout seul ! Après seulement quelques km, je la partage avec des rennes. 2/3 au début ... Et des dizaines sur la matinée. C'était incroyable. Certaines ne sont pas très sauvages. Le ciel est bleu, pas un nuage à l'horizon. Quel bonheur. Après les périodes de mauvais, c'est le premier jour où je ne vois pas un seul nuage en pédalant. J'ai toujours la route pour moi. Je profite à fond. ☀️
Aujourd'hui, la route est beaucoup moins utilisée par les camions et camping car. Ils doivent prendre l'intersection à gauche pour passer en Norvège. Ça fait du bien.
A 12h30 j'ai déjà fait 100km. Je vise les 200 aujourd'hui. Les cumulus se forment. Il fait bon, 20 degrés. Je reste attentif pour ne pas reprendre le même orage qu'hier. Aucune averse et orage pour moi aujourd'hui. 💪
210 km au compteur. Ça avance à grand pas malgré un terrain plus vallonné que les jours précédents. Je me fais plaisir, je profite aussi.🦿
Les magasins, station essence se font beaucoup plus rares. Je dois maintenant commencer à sérieusement anticiper mes repas et ravitaillement. Il peut se passer 3/4h sans villages. Seulement de la végétation et des petites cabanes. Pendant mes petites pauses, je prends le temps d'écouter le silence qui règne ici. Rien, pas un bruit qui parasite celui de la nature, ça fait 1 semaine que je n'ai pas vu un avion dans le ciel. 🤫
Je passe "Artic Circle" juste avant de trouver mon endroit où dormir. Ça y est, je suis dans le grand Nord. Bientôt il n'y aura plus de végétation. De nouveaux paysages à se mettre sous les yeux. 🏞️
J'ai besoin d'une bonne nuit de repos, alors à demain les amis 😘
Gällivare

J'enfourche le vélo à 7h. Décidé à confirmer ma journée d'hier. J'ai quand même un peu de fatigue dans les jambes. Je fais 2h avant de comprendre que je vais me faire rincer. C'est 9,9h30, les cumulus gonflent a vu d'œils. Uniquement dans la direction dans laquelle je vais. Je vais y avoir le droit. Je ne traîne pas et espère rejoindre Gallivare avant l'orage. À 100km d'où j'ai commencé. 🚴
Une première averse, elle me trempe déjà mais je garde le moral. Je raconte deux trois conneries en story. J'en rigole. Et puis c'est le début de la journée la plus dur depuis que je suis parti. Laisse-moi te raconter ce que j'appellerais l'enfer du jour. 😤
Je prends l'orage. Le vrai. Pour le moment les éclairs sont loin. Je rentre dans une zone de travaux. Ils refont la route. Plus d'asphalte, seulement des graviers. Ça dure quelques centaines de mètres. Rien de grave. Plus j'avance, plus je me rapproche de l'orage. Plus les passages et succession de travaux se font longs. Sa passe de centaines de m a 1 kilomètre. Puis 2. Puis 3 .... J'ai des pneus fins, sur des graviers, je suis contraint de descendre du vélo quand c'est vraiment trop cabossé. Sinon je risque de crever le pneu facilement. Voiler ma roue ou casser quelque chose ... Je marche donc à côté de mon vélo. Les voitures passent à 20km/h à côté de moi, c'est dire comme c'est cabossé. Un chemin 4x4. 🧐
Me voilà donc en train de marcher, au milieu de l'orage, les éclairs se rapprochant. Avec mon vélo dans les mains. Le problème de ces travaux, c'est que ça dure des km, alors qu'il n'y à personne qui ne travaille dessus, ni même le moindre engin à proximité. À se demander depuis quand c'est comme ça ... Ça me fait pester. Il fait 8 degrés. 🥶
Certains passages je peux remonter sur le vélo, jusqu'aux prochains tronçons en gravier. À chaque fois que j'en vois un au loin, mon moral en prends un coup. Comme un chemin en terre, c'est étroit. Je reste sur une ligne où il y a les traces de pneus, c'est plus tassé. Je ne peux pas en sortir au risque d'exploser le pneu. Je me fais klaxonner par un camion qui doit juger que j'avance trop doucement. Je ne peux juste pas me décaler. Impossible. Ça commence à me monter la mayonnaise. Quelques minutes après, c'est un bus. Qui lui a décidé de passer quand même. Il me double en passant à moins d'1m de moi. Je dirais 60cm. Il pleut des cordes. En plus d'être surpris de cette distance, je me prends toutes les projections d'eau et de boues. C'est de trop. Je pète un plomb. Les jurons vont bon train. Je cri, j'ai les larmes aux yeux tellement je suis gonflé. D'énervement, de fatigue et d'incompréhension de la part de ce conducteur de bus. Je me demande aussi pourquoi j'ai aussi peu de chances avec la météo.
Je finis par arriver à ce foutu village, Gallivare vers 12h30. Je m'arrête dans un abri bus, faire le point météo et trouver un plan. Ils annoncent la pluie toute l'APM. Je fais des courses et file dans une auberge de jeunesse. J'ai besoin de me reposer. Ça sert à rien de continuer sous la pluie, surtout après ce matin. La journée d'hier me permet de compenser aujourd'hui. Ça reste pas mal.
Je vais changer de stratégie. Comme les masses d'air sont instables là où je suis, les averses orages se font la journée. La "nuit", du moins les heures qui sont normalement la nuit, le ciel est plus clément. Je vais tenter de me décaler. Rouler la nuit, dormir le jour. Pas dit que ça fonctionne mieux, mais il faut le tenter, car la tendance des prochains jours est la même. Toujours beau le matin et orage les APM. Mais ça peu faire des orages à 10h comme ce matin. À voir ...
Kiruna
Réveil 3h. Je pars à 4. Il fait froid 5 degrés. Avec de la brume. Mais c'est agréable car j'ai la route pour moi seul et il ne pleut pas. À 9h j'ai déjà fait 100km. J'en fais 170 jusqu'à un petit refuge où je fais une sieste de 2h. Hyper réparatrice, je repars en pleine forme. 🦿
J'ai croisé 2 Français et un Allemand avec qui j'ai partagé quelques km. Jean-Luc me raconte comme il a sauvé la vie de Thierry en plein voyage à vélo, victime d'une crise cardiaque. Ils sont tous les deux là, a pédaler ensemble. C'est incroyable. 💪
Ils sont plus lents mais ça fait du bien de partager son temps. Ils s'arrêtent, prennent leurs temps même si l'orage menace. Je préfère filer. Je fais ma petite sieste. Je repars et rattrape deux autres cyclistes. Des Hollandais. Ils ont passé la soirée avec Jean Luc et Thierry hier. Je finis mon chemin avec eux jusqu'au camping, 205km de là où j'ai commencé ce matin. Pas mal. On plante la tente côte à côte. Thierry et Jean Luc sont là aussi, par hasard. On discute encore. Je lui dis que je viens de vers La Plagne. Sa réponse : Ah j'adore vers là-bas il y a un petit village, Champagny, j'y vais souvent ... Je me permets de lui dire que c'est le centre du monde. On mange ensemble, ça fait du bien de partager ça. Il pleut toujours. Je suis à quelques centaines de m de la Finlande. 🇫🇮
Demain je vais repartir avec les Hollandais. Je ne sais pas jusqu'à ou, n'y quand. On verra en fonction de la météo, mais depuis le réveil de 3h ce matin, j'ai besoin d'un peu de repos. À demain 😘
Enontekio
Je me réveille avec le doux bruit de la pluie sur ma tente. Il fait super froid. C'est la première fois que je ressens vraiment le froid depuis le départ. Petit dej avec Willem et Marja, les Hollandais. On traîne. Pas envie de partir sous la pluie.
On commence par faire des courses. On ne reverra pas de supermarché jusqu'à demain. Je n'avais pas de plans aujourd'hui. Après quelques km, je décide de rester la journée avec eux. Ça me fait plaisir de partager quelques km avec eux même si le thermomètre affiche 5 degrés. Ils sont adorables avec moi. On boit le café, c'est 10h30. Les Finlandais eux, mangent du poisson.
On fait le déjeuner dans une petite cabane, à l'abri. L'après-midi est sèche, mais avec du vent de face. On discute de 1000 choses. Les kms défilent hyper rapidement. 90 pour aujourd'hui, température moyenne 7 degrés. Ça me fait une journée plus tranquille, c'est pas plus mal pour la suite.
On se dirige vers le camping. On y retrouve Jean Luc, Thierry et Martin (un Allemand), les mêmes qu'hier avec qui on partage le repas.
Ça fait du bien. Vraiment. Demain je reprends la route, on partira peu être ensemble, mais après j'aimerais avancer. Il y a un petit créneau météo. J'aimerais en profiter pour atteindre le Cap Nord. Il me reste 400 kms.
Alta
Je pars avec les Marja et Willem. On fait une vingtaine de kilomètres ensemble avant de se dire au revoir très chaleureux. C'étaient des moments incroyables, très fort pour moi. Merci la vie. Je reprends ma route vers alta dans le vent 40 ou 50 km heure de face. Je suis équipé comme en habits de pluie ça me protège du vent. Avec la capuche car avec le ventre face au bout de quelques heures j'ai super mal à la tête à cause du vent et du bruit. Il n'y a plus rien pour se mettre à l'abri, tous les arbres sont très petits.
À midi je passe faire des courses au magasin qui sera le dernier avant alta 130 km plus loin. À ce moment-là je me demande si j'arriverai à aller à Alta à cause du vent. Une ou deux heures après le vent s'arrête du moins baisse et je rattrape mon rythme habituel. Je devrais être sur alta ce soir au terme d'une longue journée.
En cette fin d'apm, je suis sur un grand plateau en Norvège à 400 m d'altitude le thermomètre affiche 3 degrés. je traverse un lac d'une trentaine de kilomètres c'est interminable car je prends 10 m de dénivelé pour un reperdre 10 derrière. Je passe dans des gorges avec un asphalte magnifique. Je rencontre deux Finlandaises qui vont aussi sur alta. C'est assez montagneux mais c'est magnifique. J'arrive il est 21h30. La vue de ma chambre donne sur la neige recouvrant les sommets.
Porsanger
Pas une super nuit. Seulement 5h. La faute aux écureuils qui traînaient autour de la tente. Quand je l'ouvre, je suis toujours stupéfait devant les paysages. 🏞️
Je me mets en selle. 2km plus loin, 6km à 7%. A peine le temps de s'échauffer qu'on attaque les choses sérieuses. 🥵
Pour dire vrai, je ne m'attendais pas du tout à ça. Une journée très compliquée. Peu être la plus dure physiquement. Les 4 semaines commencent à se faire sentir, les 200km d'hier dans le vent, les 3/4j à vivre H24 a 5 degrés de moyenne aussi. J'ai pas les jambes. Et ça ne fait que monter. Ou descendre. Le plat n'existe pas ici. Avec le vent je pédale même a la descente. J'ai l'impression de faire qu'exclusivement monter. C'est usant. Les paysages sont désertiques. La route, elle beaucoup moins. Des campings car et des motos, aucun cycliste a l'horizon. Il fait froid, 5/6 degrés de moyenne. La neige est juste là, sur le bord de la route pour m'accompagner. Et dire qu'en France c'est la canicule. Je ne réalise même pas que nous sommes le 17 juin avec ces températures. 🥶
Je sais très rapidement que je n'irais pas au Cap Nord aujourd'hui. Pas grave. Je me pose. Je mange beaucoup. Je discute à la station-service avec des français, en moto.
Je ne me prends pas la tête, je file au premier camping. Je mange à nouveau. Une douche et surtout je fais la sieste. Je me pose. Ça fait du bien, simplement de ne pas lutter sur le vélo. 🌬️
Nordkapp
Je pars du camping. Ça se passe bien jusqu'à 1h de l'après-midi et 80 bornes effectuées. Après ça énormément de vent de face. J'avance sur du plat à la même vitesse qu'une bonne côte sans vent. 🥵
Je mange un bout et je me balance dans ces 30 derniers km. Je vois les panneaux, le Cap Nord se rapproche, pourtant j'ai l'impression que je suis dans ma routine. Pédaler pour avancer. Avancer vers mon objectif. Sauf que là il est à quelques dizaines de km. Ça monte fort. 9% de moyenne sur 6km rien que sur la première partie. Depuis le départ le 21 mai, je contrôle ma fréquence cardiaque, pour pas que le cœur s'emballe et créé trop de fatigue. Mais la impossible. Les pulsations montent autant que la pente. Le vent est très soutenu. Je suis obligé de piloter à la montée. Quand je regarde les motards, tous assis à califourchon, la moto inclinée pour contrer le vent, je me vois dans un miroir. Je fais la même chose. C'est dire la force du vent. Dès qu'un camping-car me double, ça fait des turbulences, je fais des écarts conséquents sur la chaussée. Pourtant je m'emploie pour garder le Cap ... 🧭
J'oublie que c'est juste là, rien qu'en voyant les paysages lors de la montée. C'est magnifique. On se croirait dans un film mais en vrai. Après quelques passages vallonnés, j'attaque sans le savoir le dernier pétard de la montée. Je sais que ça approche ... Encore quelques coups de pédales. J'y suis. D'un coup, tout s'arrête. Littéralement, je suis seul au monde malgré les gens autour. 🚌
Je ne vais pas directement au globe. Je suis là à quelques centaines de m, bouche bée. Je contemple la chose. Pendant 4,5 minutes.⏳
A ce moment tout se mélange. Évidemment je me dis que je l'ai fait, je serre le poing et en même temps une part de moi ne réalise pas. Curieuses sensations. J'ai des frissons. Je suis très silencieux, probablement le sourire aux lèvres. 🌐
Je décide d'aller à la rencontre de ce fameux globe. Première approche, trop de monde. Je traîne sur secteur. Des gens se rapprochent de mon vélo, qui est posé là, prennent des photos avec. Comme si c'était lui qui les avait amenés là. Pour rigoler, je leur demande si c'était difficile, car ça a toujours été mon rêve ... 😂 De là, j'en prends plein la gueule. Ce n'est que le début. Beaucoup de monde vient me parler. Depuis quand je suis parti, où, tout le long vraiment ? ... Tous me félicitent. Moi qui pensais venir prendre ma photo en toute discrétion, je me retrouve à répondre à plein de questions. Presque je suis gêné. Je ne réalise pas. Je reste là de longues minutes malgré le vent qui nous gèlent. Je tiens ma photo sans personne dessus. Je file au resto. La bière est bonne. Je recroise des français motard que j'ai croisé quelques jours plus tôt. Il me félicite car même pour eux le vent était terrible. Je mange, face au globe. Je regarde au loin et me dis que c'est impossible d'aller plus au nord à vélo en Europe. Wow, okey Quent tu l'as fait alors ! 🚴
Je fais mon petit post Instagram, j'envoie un message à tous les gens croisé sur ma route pour les remercier d'avoir fait partie de mon aventure. 🙏
Je file montée ma tente, non sans mal avec tout ce vent. J'allume mon tél. J'en prends une nouvelle fois plein la gueule. Je n'étais vraiment pas prêt à ça. Tous vos messages, commentaires et autres messages vocaux. Ça me fou la larme a l'œil. 😅
"Machine", "Trop fort", "Sacré bonhomme" ... Ce ne sont pas vraiment les mots que je dirais pour me définir. J'ai juste l'impression d'avoir fait quelque chose qui me donnait vraiment envie et surtout qui me faisait vibrer. Rien d'exceptionnel en soi. Pour moi c'est presque normal. Certains me disent que ça les a fait rêver, d'autres me disent que ça les inspire ou encore qu'ils vont s'essayer à faire des choses dans le genre et surtout à vivre des aventures dans leurs vies. Et pour de vrai, ça me touche énormément. Je n'étais vraiment pas prêt, une seule seconde en recevoir ce genre de message. Comme si il y avait un deuxième Quentin Ruffier au Cap Nord. 🤯
Je vais m'allonger. Je n'arrive pas vraiment à dormir. Le temps passe trop vite, j'en perds la notion. Je me lève à 00h pour voir le soleil. À cette heure ci, j'ai oublié qu'il fallait des lunettes !!! Je retourne dans ma tente. Je dors une poignée d'heures. 😴
Je me fais invité au petit-déjeuner par des retraités allemand. Improbable. J'accepte. J'y resterais 1h30 à discuter avec eux. Je redescends du Cap Nord pour prendre le bus jusqu'à Alta. Flemme de faire la même route qu'à l'aller. Je m'arrête manger dans une station-service et là, quelqu'un toc aux carreaux derrière moi. C'est Jean Luc, Thierry et Martin. Que j'ai rencontré, il y a 4,5j. Ils ont reconnu mon vélo en arrivant. On discute. Je me cale sur leur plan, a savoir le ferry jusqu'à Tromso. Départ à 6h demain pour les Lofoten. La bonne nouvelle, c'est que je vous emmène avec moi !! L'aventure continue. 👍
Ces dernières 24h sont folles. J'en ai profité au maximum, du maximum. Soyez-en sûr. J'ai des souvenirs à vie. C'est dingue. De Champagny jusqu'au Cap Nord. Comme quoi des rêves ça peut mener loin ! Rien que d'écrire ce post me donne des frissons. Alors faites le aussi, rêvez, vivez et aventurez vous. 🔑
Merci encore à tous, même avec les fraîches températures, j'ai le cœur chaud et pour quelque temps ! 💚
Tromsø

Sur le chemin du retour avec mes amis !
Narvik

Avez-vous déjà vu des SDF, avec un vélo à 3 000€ ?
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