Le carnet de route
Écrit au fil du voyage sur Polarsteps.
Milan en Bus
L'idée de prendre le bus ne me plaisait guère, tous les grands cols étant fermés à cette période, pas le choix pour passer en Italie ! Enfin je pouvais passer par le sud, mais pas la motivation !
Départ Milan donc 🤝
Sebino bresciano
Après mon arrivée sur Milan vers 13h20, quelques longues minutes de réorganisation pour remonter toutes les sacoches et le vélo. Je me mets en route vers 14h.
D'après mon expérience, je sens que la traversée de Milan ne va pas bien me plaire ! Je déteste traverser des villes en vélo. Chose qui s'est encore confirmée aujourd'hui. C'est le parfait mélange entre vieux retraités flippés en vélo électrique, jeunes sur le téléphone, gamins qui jouent et autres "bikepackers", avec des feux rouges à foison ! 😭
Je quitte Milan le long du canal "Naviglio Martesana". Qui dit canal, dit plat, dit interminable ! Ouf, me voilà à nouveau sur de vraies routes. Niveau visuel, on repassera, c'est pas l'éclate. Au bout de 70 bornes, comme les bonnes habitudes ne se perdent pas, je commence à prendre l'orage ! Exactement dans la direction où je dois aller. Génial ! Bien que mon cerveau veuille me faire continuer, j'écoute ma raison (je deviens sage on dirait) et choisi de m'arrêter sous une petite chapelle. Changement de plan pour ce soir, avec l'orage je ne peux pas aller au lac de Garde comme initialement prévu. Direction le lac Iseo, un poil plus proche ! 🤝
Bien que je sois dans la forme de ma vie, mes jambes ont quand même besoin de s'habituer à nouveau pour faire avancer mon vélo qui pèse 30-35 kg. Je le sais, d'ici 2-3 jours ça ira beaucoup mieux ! 🚜
Je décide d'aller au camping car depuis le réveil de 5h30 ce matin, j'ai besoin de sommeil. Bien sûr à mon arrivée, on me parle Italien, j'y panne pas un mot ! Vivement qu'on me parle Albanais tiens ! "English please ?" La charmante demoiselle me demande d'où je viens et où je vais. La première fois elle n'était pas sur d'avoir compris ma destination, j'ai donc répété. Maintenant elle croit que je suis fou ... 🙃
Me voilà entre plat pays et montagne, beaucoup plus à mon aise ! Le relief c'est quand même beau... Surtout avec un lac au pied !⛰️
Début d'une nouvelle aventure, je sais qu'il va me falloir 1 jour ou deux pour me remettre dedans ... Rdv demain ! 🤘
Stats : 90km / 300m D / 3h45
Arcugnano
Doux réveil vers 6h20. Mais je sors du duvet vers 7h. Départ 8h05.
Fin de la journée.
Non je rigole, mais pas tant que ça ! C'est quand même pas fou cette partie de l'Italie ! Beaucoup trop de voitures et les paysages ne me tiennent pas en haleine. En gros, je suis sur des longues routes moches avec des bagnoles qui me doublent à gogo (vidéo 2). Je longe le lac de Garde, qui est beau mais pour résumer un phénomène plus connu de chez nous, le lac d'Annecy un samedi de Juillet. Donc pas ma tasse de thé non plus ! 😝
Ma question est la suivante : Est-ce que je prendrais pas le train direction Trieste histoire de me rapprocher un peu de paysages canons plutôt que me faire ch*er sur ces routes ? La nuit porte conseil, réponse demain ! 🎯
Bref, j'ai eu le mérite d'avancer de 145km aujourd'hui ! 🤝
Postojna
Slovénie, me voici ! 🇸🇮
Départ vers 8h30 aujourd'hui, après un petit dej vite fait. Direction Vicence, où j'y fais quelques courses. Ensuite, direction la gare, pour y prendre mon train direction Trieste !
Je vous l'annonçait hier mais cette plaine du Pô n'est quand même pas très profitable pour rouler. Rouler au milieu de nulle part, dans la nature et sans personne pour me distraire de mes pensées, voilà ma façon de rouler en voyage. Alors bon, il était temps de se mettre dans un train plutôt que de lutter pour simplement "avancer", car je n'aurais pas trouvé ce que je viens chercher sur ma route.
A la descente du train vers 13h, je me mets en route vers la Slovénie. J'aperçois la mer, mais je m'en éloigne au fur et à mesure des pourcentages qui me fusillent les cannes. J'ai pris quasi 750m en 30 bornes. Avec un bon vent de face pour arranger le tout. Je me retrouve à vérifier si mes roues, étriers de frein fonctionnent correctement car j'ai vraiment l'impression de ne rien avancer. Comme une bouffée d'air, je respire à nouveau entre chaque rafale de vent qui me fait instantanément gagner 3-4km/h 👌.
La Slovénie, voilà un pays qui m'a toujours attiré. Les premiers Km me donnent raison. Enfin me voilà paisible sur des routes entourées de rien, si ce n'est quelques montagnes, collines et beaucoup de verdure !! Mamamia enfin ! 🇸🇮
Petite journée de 50km pour 1000m aujourd'hui. Demain quelques détours Slovènes avant de rejoindre la Croatie ! Vaaaaamos 🔥
Primorsko-goranska
Ce matin, n'étant pas encore levé, le vent claquait déjà la bâche de ma tente. Je me suis dit que ça allait sûrement être l'enfer sur le vélo, je dirais bien 40km/h.
Le vent était bien présent, de face sans aucun doute mais ce n'était pas l'enfer ! Enfin la beauté des routes et paysages qui m'entourent me font défiler les km comme ce ne fut pas le cas depuis le début de ce voyage. Petit arrêt a Postojna pour se ravitailler et je reprends ma route direction la frontière !
Globalement la journée est bien vallonnée, ça monte et ça descend sans beaucoup de répit. Mais ça me va bien comme ça ! Avant la frontière, j'aperçois les premiers panneaux qui m'indiquent la présence de l'ours ! Oui, jusqu'à la Grèce l'ours est présent ! Très excité à l'idée de parcourir son territoire 🐻
Frontière passée, je m'aperçois radicalement que la vie n'est pas la même qu'en Slovénie, sûrement que les gens n'ont pas les mêmes moyens (ce n'est qu'une hypothèse de ma part), les maisons font délabrée par moment, sans uniformité tout le temps ! Pour la première fois de ce périple, je me rends compte que la maison s'éloigne ! Douce sensation !
J'évolue en plein cœur de forêt, dans des parcs nationaux. C'est d'un calme ! Les routes sont magnifiques, j'y retrouve un bout de scandinavie ou de jura ! J'en profite pour sortir le drone !
Comme je l'avais dit, il m'aura fallu attendre ce J4 pour enfin entrer pleinement dans mon aventure. Comme d'habitude, se muer à nouveau en vagabond prend un peu de temps.
110km - 1700m D+ - 5h30
Gospić
Je ne vous l'ai pas dit hier, mais j'ai passé la nuit dans un endroit ... Étonnant ! Un "lodge", où les habitants et donc les autres, vivent en autonomie. Pas de réseau électrique, pas de réseau d'eau ... Le paradis quoi ! 😊
Aujourd'hui, je me mets en route vers 7h50. La doudoune se laisse bien portée, 10°C en plein brouillard, ça ne fait pas chaud ! Je suis en pleine forêt de feuillus et de quelques sapins. Mes 60 premiers Km sont très vallonnés, ça me va bien. Au fur et a mesure des coups de pédales, les arbres laissent places ... Aux éoliennes. Même sans avoir fait bac +5, tu comprendras qu'elles ne sont pas là pour rien ... C'est la grande bataille, vélo incliné pour compenser le vent. Les rafales me font des écarts de fou sur la route. Heureusement, j'ai dû croiser 2 voitures sur cette section, puisqu'il faut vraiment venir chercher ce petit bout de route au milieu de nul part ! Et paaaaf, j'aperçois la mer !! Je ne m'y attendais point. Très belle surprise, me voilà pris d'une joie immense ! Je me fais la réflexion : Depuis 3 ans que je tire ma carcasse et mon vélo aux 4 coins de l'Europe, je commence à en avoir vu du paysage, n'est-ce pas ?!
Le vent ne faiblit pas, toujours plein nez, heureusement les paysages et mon humeur sont de qualité sinon il y avait moyen de passer une journée en enfer. 🌬️ Après une approche timide, je m'éloigne à nouveau de la mer, pour passer dans les terres. La mer c'est pour bientôt mais j'avais envie de découvrir un peu plus l'intérieur ! C'est quand même moins beau, les kilomètres défilent moins bien. Arrêt à Gospic, pour me ravitailler, après avoir eu 10-15km de vent de dos. Maigre récompense. Comme à mon habitude j'achète un peu trop de nourriture par rapport à mes capacités de stockage ! Mais j'ai l'habitude alors, j'en accroche partout sur moi !
Le camping se situe à 8km. J'y dépose ma tente, prends une bonne douche qui se faisait attendre, depuis 2 jours. Une lessive et me voilà prêt à me reposer, il est 17h. Bien mérité après une journée avec du vent de face ++++.
Globalement, je vois personne à part de automobilistes ! Je n'ai pas encore croisé de voyageurs à vélo et les campings sont bien vides à cette période ! En attendant les belles rencontres, je savoure ces parties de manivelles à traverser l'Europe. Fin du bal, à demain !
150km - 1600m d+ - 6h50
Šibenik
Journée de zinzin !!
Après un doux réveil humide à cause de la rosée et les 6 degrés affichés, je traîne au lit et surtout, je mets mes affaires au soleil pour quelles sèchent pendant que je suis au petit déjeuner ! Je me dis que je vais faire une petite journée, genre 120-130km.
S'ensuit 50km dans le plat pays, entouré de montagnes. Le vent a disparu, ça roule fort ! Ravito express avant d'attaquer une petite bosse. Au sommet, la vue est stratosphérique, avec pas grand monde à la ronde ! Je fais la descente (première vidéo) et me voilà dans la fournaise. Le compteur affiche 33 degrés. Ça commence à me taper sur le casque ! Je me badigeonne de crème solaire, car ça tabasse ! Mes traces de bronzage sont déjà un franc succès...
Je suis au beau milieu de rien. Je croise personne pendant 2h, pas une voiture. Et puis le gps m'emmène dans un traquenard où je me fais courser par 3 chiens bien énervés.
Dans un énième taquet, j'aperçois un cycliste ! Le premier que je vois en Croatie. Au vu de la silhouette, il pourrait bien s'agir d'un vagabond ! Théorie validé.
Samuel, from Italy !! Discute de tout et de rien, de son voyage jusqu'ici, ça façon de faire pour demander l'hospitalité, ces mauvaises rencontres etc ... Et il me demande si j'ai eu des problèmes avec des chiens pendant tous mes voyages. Je lui réponds que non, si ce n'est 10 minutes avant de le rencontrer... En fait, il avait déjà chauffé les chiens pour mon passage ! 😜
On fait 30km ensemble, on arrive dans un petit village où j'avais prévu de m'arrêter pour ma petite journée, après 135km. Vu les prix du camping, on repousse et Samuel me dit qu'il en a vu un, un peu plus loin, très abordable ! Allons y. Je l'attends beaucoup, forcément on ne va pas au même rythme mais c'est parfait, je lui dis d'aller a son rythme et que moi, j'attendrais en haut. Ça fait du bien de croiser un copain de voyage, j'en profite ! On arrive au camping, qui est magnifique. La mer est juste là, à quelques mètres de ma tente, la température estivale.
Je pose dans le vélo après cette belle journée en ayant eu l'impression de vivre 10 vies, avec 180km au compteur. Pas mal pour une petite journée, n'est-ce pas ?
180km - 1 700m D+ - 7h30
Splitsko-dalmatinska
Douce nuit d'été ! Ici on vit déjà en short / t-shirt peu importe l'heure, même de nuit !
Au petit dej, fièrement je finis toute ma bouffe en me disant : "Je vais être light". Tu m'étonnes que tu vas être light Quent ! Tu vas être sec surtout ! A ce moment je ne sais pas si je passe la journée avec Samuele ou si je continue seul. Courte réflexion, on passera la journée ensemble.
C'est en faisant les premiers Km et en voyant tous les magasins fermés que je capte qu'on est le 1er mai. Fatale erreur, du gars qui ne sait plus quel jour nous sommes car depuis maintenant 7 jours, il n'y a plus de date ni d'heures qui comptent. Simplement manger, boire, pédaler et dormir, tout ce qu'il y a de plus simple.
Depuis le réveil je me sens un poil fébrile, je crois que la chaleur d'hier m'a quand même bien tapée sur le casque ! Aujourd'hui rebelote. Mais avec un supplément fringale. Chose qui ne m'était plus arrivée depuis ... Des années. Alors on part avec mon acolyte italien à la recherche de magasin pour se ravitailler. Au milieu de tout ça, chaque petite plage ou crique est magnifique. L'eau turquoise, ça contraste avec la pâleur du bonhomme. 15 puis 20 magasins. Tous fermés.
On se claque un burger à 11h en ce disant qu'on sait pas si on trouvera mieux par la suite ... Quand tu en arrives à ce genre de raisonnement, c'est que t'as déjà un bon pied dans la merde. On se dit que dans Split on va forcément trouver ce genre de magasins pakistanais (en France du moins) qui est ouvert 24-24 et pour qui la fête du travail est secondaire... On déambule dans la ville et ces petites ruelles. Mais non. Absolument rien. Il reste un peu de polenta dans la sacoche de Samuele. Alors on part sur une bonne polenta à l'eau, sans sel ni poivre. En plus d'avoir 0 goût, ça a la valeur nutritive d'une feuille de PQ.
Malgré tout, les paysages sont magnifiques. Les photos parlent d'elles mêmes ! Un genre de côté d'azur à la Croate. Je trouve qu'il y a quand même trop de voitures, avec des abrutis qui conduisent comme dans un jeu vidéo... Venez on se met tous exclusivement au vélo ?
Coups de pédales après coups de pédales, la fringale épisode 70 de la journée. Ça tourne plus les jambes pour un sous. Notre choix est le suivant : aller vite au camping. Là bas on demandera de la nourriture ou on ira au resto le plus proche...
Sur mon compteur, il me reste 3km jusqu'à la destination. À ce moment-là, j'aperçois un magasin ... Qui semble ouvert. Vraiment ? Apparemment ce n'est pas un hallucination !! Autant vous dire que j'en sors avec 10 fois trop de nourriture que de stockage sur mon vélo ... Autant commencer par claquer une bonne glace, une banane, des gâteaux ... Le plein de sucre histoire de prendre un peu de couleurs !
Nous voilà au camping, ravitaillés comme jamais, avec une chambre, vue mer !! J'irais y faire mon petit plongeon, très agréable après ce genre de journée ! Décidément les journées se suivent mais ne se ressemblent pas !
Demain direction la Bosnie, ou j'essaierais de passer la frontière sans encombre. Croisons les doigts !
Buna
Nuit agitée par le vent ! La bâche de la tente à bien claquée toute la nuit, me réveillant régulièrement !
Je prends le petit dej tout seul, Sam est encore au dodo ! De toute façon, ce matin c'est le jour de reprendre son chemin chacun de son côté ! J'ai choisi d'aller en Bosnie en passant par les montagnes, lui ne veut pas s'infliger tout ce dénivelé donc il va continuer sur la côte pour passer en Bosnie un peu plus bas.
Moi voilà donc parti, je sais que cette journée va être engagée. C'est tout à fait choisi donc il faut maintenant y aller mon gars. Direction la Bosnie et ce qu'on en sait ! Diversité ethnique & ses problèmes... Voici pourquoi, c'était pas de tout repos : - Dénivelé à gogo - J'ai choisi un poste de frontière perdu, je ne sais pas s'il est ouvert. - La Bosnie ne faisant pas partie de l'EU = pas d'accord téléphonique donc pas de téléphone ( à prix abordable je veux dire). Donc retour comme à l'époque, le hasard et demander aux gens ! (Si vous lisez ça c'est plutôt bon signe). - Chaleur à te fracturer un Quent en deux.
Je quitte donc la côte Croate pour retourner dans les terres. Au début je me dis que c'est un bon "move", j'ai l'impression qu'il y fait moins chaud sur les premiers km. Spoiler : Je me suis mis le doigt dans l'œil et bien profond !! Ça monte très fort pendant 30-40 km, au milieu de rien. Avec des pourcentages atroces. En deux heures j'ai dû croiser 2 voitures. Le genre de ratio que je juge idéal, cependant ça ne me rassure pas trop sur le fait que la frontière ou je me dirige passe ... Finalement j'y arrive tranquillement, enfin tranquillement avec de la transpi qui ruisselle sur ma tronche et dans mes yeux notamment, douce sensation pour les connaisseurs. Un petit check passeport et feu, me voilà dans un nouveau pays ! 🇧🇦 Forcément après avoir fait que monter, je suis sur un point de vue incroyable, la pause à l'ombre s'impose !
Banzai en direction de Žitomislići que j'ai rentré dans le gps. Il fait à peine tiède puisque l'appareil affiche un délicieux 35°C. Autant te dire que je produit fort du sel, pas de Guérande celui-là ! Mais je m'épate tout de même ! D'habitude ça me coupe en deux, là j'arrive au moins à avancer et profiter, quel bonheur !
En ce qui concerne mon avis sur la Bosnie que j'ai vu du moment, c'est très beau !! On retrouve un peu d'uniformité dans la couleur des maisons, toit en tuile et couleur plutôt claire des façades. Par contre on y trouve de tout, sans règles que j'ai vraiment trouvées, des baraques immenses avec des belles bagnoles garées et des taudis avec des épaves garées, le tout côte à côte ! Les routes que j'ai prises ne sont pas dans une grande forme mais surtout elles ne sont jamais plates, c'est du délire ! Monter, descendre, monter, descendre. Je n'ai pas fait un millimètre de plat aujourd'hui.
Je rencontre un problème cependant, la langue ! Première tentative de la part d'un rustre personnage, pendant que je fais une pause à l'ombre en face de chez lui. Une poignée de main et une discussion de 5 minutes en Bosniaque pour lui et en anglais pour moi. Je vous garantis pas avoir compris, même le thème de ces paroles ... Et je pense que c'est réciproque. Drôle !! Deuxième tentative dans un bout de magasin. Je demande si je peux payer par carte (ce n'est pas la même monnaie), même ça il ne comprend pas. Je sors ma carte pour lui montrer, sans dire un mot, je comprends à son signe de tête que c'est non ! Drôle d'accueil 😂
Me voilà finalement à l'accueil d'un camping que j'ai vu sur des panneaux ! Toujours pas un mot d'anglais ... Et toujours pas de paiement par carte. J'arrive quand même à donner mes euros, ouuuuf ! Nouvelle tentative dans un magasin, "Do you speak english?". J'ai jamais entendu un "No" avec autant de convictions ! Je montre à nouveau ma carte ... C'est bon je ne vais pas revivre la même chose qu'hier ! 😉
120km - 2100m D+ - 6h
Nikšić
Hello Monténégro !
Réveil matinal : 6h30 je me mets en action. Puis je me fais kidnapper par mon duvet un petit quart d'heure juste après le petit dej ! Départ 8h, j'ai une grosse journée qui m'attend avec beaucoup de dénivelé alors autant ne pas trainer !
Après 3-4km et 100m de D+, j'emprunte une route qui déboule sur un chemin de terre. Vu la gueule de ce dernier, je prends une décision qui m'arrive pas souvent : renoncer ! Je prends le temps de regarder jusqu'où mène ce chemin... C'est beaucoup trop long et ça serait prendre le risque d'exploser un pneu bêtement ! Double peine, en plus d'avoir perdu toute mon "avance", la route que je dois prendre après ça, me rajoute quelques kilomètres !
Ici le relief est fait de canyon avec une rivière au pied. Normal vu qu'à priori c'est elle qui s'y est frayé le chemin, tu me diras ! J'enchaîne d'un canyon à un autre. J'entre dans la république Serbe de Bosnie. J'arrive dans un petit 7km qui me fera prendre 500m de dénivelé. Si vous avez lu mon résumé d'hier, rebelote, transpi dans les yeux, dos trempé, 30°c uniquement cette fois-ci, mais pas un brin de vent, je suffoque. Je me fais doubler par des camions chargés qui n'avancent guère plus vite que moi. Ils sont sympas, ils me réchauffent encore un peu en le doublant, avec la chaleur des moteurs, quel enfer ! Je ne sais quel(s) dieu(x) règnent sur cette planète et encore moins en Bosnie mais il semblerait que les cieux soient avec moi ! Une fontaine bien fraîche au sommet, merci ! 🫠
Après ce raidar, c'est la porte ouverte sur rien. Hormis la végétation, du vent de face (qui à pour mérite de me rafraîchir) et des déchets ! Oui oui, des déchets. Ici apparemment le recyclage c'est directement au bord de la route. Ça me perturbe. Il y a des décharges en ça et là. Pourquoi c'est si beau et qu'il y a des canettes, bouteilles plastiques, matelas, sac plastique qui se fondent parfaitement dans le décor ? C'est quand même fou à quel point l'Homme est capable de tout saccager sur son passage.
Passage de la frontière avec le Monténégro, j'y passe environ 15 minutes, petit check des papiers. En dehors du contrôle, les flics Bosniaques ou Monténégrins, me demandent dans un anglais très approximatif d'où je viens et où je vais par curiosité. "You crazy". Il semblerait que les cyclistes ne soient pas nombreux à passer par là ! Me voilà dans un nouveau pays, encore ! Monténégro me voici 🤙
Températures un peu plus fraîches, routes légèrement plus propres, je fend la bise toujours seul dans les parages ! Quel kiff !
Que ça soit ici ou en Bosnie, les gens, vieux ou jeunes, me font signe ou même me klaxonnent pour me saluer, c'est drôle !
N'ayant toujours pas de réseau téléphonique, j'arrive enfin à un camping repéré en amont, dans le jardin du propriétaire, très sympa !
À l'heure où j'écris ces lignes, je ne sais pas où me diriger demain. D'après le proprio, le plus beau coin du Monténégro se situe au nord. Je ne sais pas si je m'y dirige, si je fais une plus petite journée ou les deux à la fois. Ou si je me dirige vers l'Albanie... Réponse demain!
155km - 2 200m D+ - 7h
Shkodër
Albanie, me voici 🤙
J'ai fais le choix ce matin de me diriger vers l'Albanie pour y passer la frontière ! En faisant ça, j'ai basculé sûrement dans une autre partie de mon voyage ! En partant, je traverse la ville de Niksić, tout juste arrosée par la pluie, que j'ai réussi à échapper en décalant mon départ ! Les chiens errants y sont présents en masse. Pour le moment ils ne sont pas méchants. Les pires sont ceux des propriétés avec le portail ouvert qui veulent me faire !
J'emprunte une petite route dans la forêt pour éviter la route principale, car c'est le retour de vacances au Monténégro ! C'était une très belle route (image 1 & première vidéo).
J'enquille les km en direction de la capitale : Podgorica. Un tiers de la population du pays vit ici ! Pourtant ça m'a parue être une petite ville.
Dois-je encore mentionner que toute l'étape a été faite vent de face ? Je ne sais pas ... Mais c'est usant et des étapes plates comme aujourd'hui se transforment en corvée. Lutter contre cette résistance et appuyez sur les pédales comme un sagouin ... Ça n'a rien de facile contrairement à ce que je pensais de cette étape. 🙃
J'arrive tant bien que mal à la frontière. Ça n'avance pas un caramel, j'y passe 30 minutes en plein cagnard. Je fais la queue derrière les voitures et je tiens mon rang ! Je me fais presque engueuler quand le douanier m'appelle pour me faire passer en priorité en me voyant 😂 Il me dit que côté Albanais, j'aille directement voir le douanier en doublant tout le monde ! Je n'arrive pas à le faire alors je commence la queue dans la file des voitures... Puis fait chier, je suis en train de rôtir sur place alors je double tout le monde même si l'idée me plaît moyen. Ça y est je suis en Albanie, youhouuuuu !
En fond je vois des vraies montagnes, pas des collines ! Il reste même quelques névés par endroit ! Ça doit skier en février (d'ailleurs le proprio du camping hier m'a dit qu'il y avait 2 stations de ski au Monténégro !). Les premières maisons Albanaises sont très jolies, bien colorés et de magnifiques jardins ! Les chiens font toujours partie du décor mais ils sont à la sieste avec ces 29°c.
Depuis 2 jours, je passe d'une église à une mosquée en un rien de temps. Pour info l'Albanie c'est 60% de musulmans, 35% de chrétiens (Catho & Orthodoxe) ! C'est intrigant de voir ça. J'y trouve une certaine beauté, qui doit être superficielle j'imagine... A ma droite se trouve le plus grand lac d'Europe du Sud : lac de Shkodër, qui se partage entre Monténégro et Albanie. Il porte le nom de la ville dans laquelle je vais passer la nuit. En la traversant, je prends conscience que depuis quelques jours mais surtout aujourd'hui, je suis dans une culture bien différente de l'Europe dans laquelle j'ai traîné mes roues. Les rues servent de boutiques. Tu peux trouver de tout. La voie publique est une place de parking. Le casque à moto semble être une idée inconnue ici. Les câbles électriques forment un méli-mélo, j'entendrai l'appel de la prière à mon arrivée ... Bref la maison est bien loin !
Quelle douce sensation de découvrir tout ça à la force de mes jambes ...
126 km - 550m D+ - 5h
Dajt
Un BORDEL !
Je commence par me faire réveiller par une fine pluie. Jusqu'à mon départ, celle-ci m'accompagnera. Le genre de pluie qui ne mouille presque pas, donc on s'en plein pas.
Cap au sud, en direction de la capitale que je voulais éviter. Vous l'avez vu ce fut un échec ... La route que j'emprunte est très agréable, pas grand monde, je croise l'Albanie, la vraie ! Les bergers ici et là. Des personnes d'âges mûres sur des vélos d'un autre temps. Des gens sur ce que je j'appellerai un mix entre des motos et mobylettes ! Il n'y a pas un brin de vent, je roule à 30km/h facile, quel bonheur. La moiteur de l'air me fait quand même chauffer le moteur.
Le véritable décalage, c'est les endroits urbanisés. En sont témoins, ces moments improbables où je vois les gens foutre le feu aux poubelles le long de la route. C'est donc ça le traitement des déchets ? Ou encore ces animaux, des moutons je suppose, pendus par les pattes, à qui ont vient d'ôter la vie, dans un bout de cabane qui donne sur le trottoir. En ce qui me concerne.... Comment dire ? Ce frayer un chemin au milieu des voitures, motos et camions, c'est toute une histoire. C'est un bordel organisé. Pas plus difficile que chez nous mais différent. Ici personne ne respecte rien des priorités, mais du coup personne ne râlent non plus. Les ronds points sont une vaste idée... Ce n'est pas non plus celui qui s'impose le plus. C'est vraiment la définition d'un bordel organisé. Tant qu'il y a la place pour mon vélo, je roule et au final ça va pas si mal ! Je me sens moins en danger que chez nous.
Quand tu roules en Albanie, mieux vaut pas trop t'endormir, regarder ton téléphone ou encore être trop bourré car sinon la route te met un gros stop !! Il y à des nids de poules énormes partout. Il y a des ralentisseurs à foison. Le genre de ralentisseurs pas signalés, bien saignant mais si tu l'oublies, tu finis sur le toit, au vrai sens du terme je pense. Je finirais par une bonne heure sur la route principale qui mène à la capitale. Le genre d'expérience que j'essaie toujours d'éviter.
A la base je voulais éviter la capitale en prenant une route qui coupe au nord pour aller en direction des montagnes. Jusqu'à ce que je me rends compte que cette route ne passe pas en vélo ... Je prends donc la direction de la capitale, à nouveau je me fond dans la masse ! Mon but est de prendre la direction des montagnes à l'est du pays, proche de la frontière avec la Macédoine du Nord. La traversée de la capitale s'annonce... intéressante ! A suivre ...
110km - 530m D+ - 4h20
Pogradec
Albanie, tu me fais tanguer !
Ce matin réveil matinal, les météos annoncées ainsi que le gars à qui j'ai demandé sont tous pessimistes. Averses voir orage. Une fois réveillé je ne traîne pas. Grand bien m'en a pris, à 2 minutes prêt j'étais bon pour plier ma tente sous le déluge ! A peine les affaires rangées, la pluie s'abat mais je suis à l'abri ! Ouf ! Alors que la météo ne s'améliore pas, je me mets en habits du gars qui part au mastic. Veste & pantalon imperméable, couvre chaussures, je suis prêt pour traverser Tirana, la capitale et sous la flotte, un régal sur le papier. Ce fut le cas. Le téléphone était bien loin mais qu'est-ce que j'aurais aimé filmer ça !
Une fois sorti de ce bourbier, je prends la direction de Elbassan, plus au sud. Pour joindre le bout de ces deux enfers, je prends une route paradisiaque (photo 3-4). Qui doit se mériter puisque j'ai 12km pour prendre 700m. Par chance, il fait beau mais l'humidité ambiante est pesante ! Ça ne me quittera plus de la journée, quelle chance pour une journée de mauvais !! Je vois des sommets dont j'ignore tout mais ils sont enneigés, ça m'est familier et c'est par là bas que je vais ! Dans une autre direction, la plus grande de toute sors du lot (photo 11).
Après Elbassan, la descente s'est terminée puisque j'ai uniquement de la montée dans les 50 prochains km, pour finir à 900m d'altitude. En traversant la campagne Albanaise, à la force de mes guiboles, j'apprends beaucoup sur ce pays pour lequel je n'avais pas d'attente particulière. Encore une fois, c'est quand tu t'y attends le moins que tu te fais surprendre. Ce pays est dingue. Des mosquées et des églises sont plantées au milieu du décor, l'une appelle à la prière pendant que l'autre me donne l'heure. La route passe de magnifique à bordélique (vidéo 15) en un claquement de doigt. Je vois au regard des gens que j'attire l'oeil. Le petit cycliste champagnolais est scruté, sûrement que ce genre de spécimen ne court pas les rues. Alors tout le monde me salue. Les écoliers sont unanimes : Hellllloooo ! Les gens sur les terrasses m'invitent à discuter. Même une demoiselle depuis sont jardin pourtant pas à côté ! Alors je réponds, je fais signe et j'essaie de discuter mais la langue met fin a l'échange.
La diversité, le contraste et la beauté. Dans et pour tout. Ça se côtoie et s'unit pour former un ensemble . Ça me fait chavirer et pourtant j'aurais été incapable d'imaginer cela, moi l'amoureux du grand nord pour sa tranquillité et sérénité.
Je finis ma journée en rejoignant le lac d'Ohrid, à la frontière avec la Macédoine du Nord. C'est le lac le plus profond des Balkans (300m). C'est également un lac très ancien comme Baïkal ou Titicaca, rien que ça.
Les jambes sont fatiguées mais l'esprit lui est frais et pas rassasié ! J'en veux plus encore. Des jours de mauvais temps comme celle-ci j'en veux tous les jours ! Le flow je crois que ça s'appelle. Ici et là je retrouve des sensations que je ne pensais pas revivre après mon Cap Nord. Et pourtant ! L'ivresse de la première fois, une deuxième fois ?
Carburant du Quent, la découverte de ces nouvelles contrées m'aura fait passer ces 150km pour 2200m de D+ en toute détente.
150km - 2 200m D+ - 7h
Leskovik
Le genre de journée que j'aimerais éviter !
Un petit réveil à cause de la pluie vers 5h ! Je ne vous en ai pas encore parlé mais ici pas de changement d'heure par rapport à chez vous ! Je suis beaucoup plus à l'est, ça indique donc qu'il faut jour plus tôt. Nuit aussi. Je pense qu'il y a bien 1h de différence !
Je me mets en route, en espérant passer entre les gouttes ! Aujourd'hui il fallait partir échauffé, car la première côte m'attendait à peine plus loin que mon point de départ. Avec des pourcentages à 2 chiffres. Je vois très rapidement que mon petit corps commence à être fatigué ! Fatigue générale, il n'y a pas de miracle après 13 jours sur la route ! C'est aussi un bon entraînement en vue des objectifs de performances que je me suis fixés sur les courses auxquelles je prendrais part. Plusieurs fois dans la matinée, je me dis que le déluge va me tomber dessus. La pluie est partout autour, mais pas au-dessus de ma tête ! Je ne savais pas que j'étais autant un rayon de soleil ...
Je n'arrive pas à me débarrasser de ce collègue insupportable qu'est le vent de face. Aujourd'hui encore 40km/h. Je roule péniblement à 20km/h sur du plat alors que je devrais être à 26-28. Même pisser devient un effort, mieux vaut se concentrer ! J'enfile le bleu de chauffe, écouteurs et musique pleine balle, l'animal entre en action. J'écrase ces pédales, à la fois ça me fait du bien de me sentir avancé contre ce vent, comme si j'engageais le combat. À la fois, ça n'arrange pas mon état de fatigue... Me voilà maintenant à 1000-1100m d'altitude. Je ne me sens plus dépaysé pour un sous ! Tout ressemble à la maison : Les montagnes sont parsemées de neige, les vaches et moutons accompagnés de leurs bergers et chiens de protections longes la route. L'asphalte est impeccable. La foule a déserté, je suis le seul à fendre la route. J'imagine qu'on doit pouvoir faire de belles sorties en ski de rando par ici ! La nature est à portée de main, j'imagine que l'ours et les loups en sont les maîtres.
À 13h je fais le choix de regarder un endroit proche pour m'arrêter me poser. Aujourd'hui devait marquer mon entrée sur le territoire grec, je crois que ça sera reporté à demain ! Choix fait, ça sera l'hôtel et un vrai lit pour cette nuit, le premier depuis mon départ ! Je finis ma journée tranquillement en étant plus abrité du vent, enfin un peu de répit ! Je suis à présent dans des forêts de pins ! Le paysage à changé, tout m'est plus familier. Même fatigué, le job est fait avec ces 1500m gravis en 105km.
Chef, demain direction la Grèce ! 🫡
105 - 1 500m D+ - 5h
Épire
Que ça fait du bien de dormir dans un vrai lit !
Après une bonne nuit et un déjeuner de champion, je quitte l'hôtel. Je reprends la route que j'ai laissée hier, au milieu des pins et pourcentages à deux chiffres. Je mettrais pas longtemps à tomber ... Sur le cul, au sens figuré bien-sûr ! C'est vraiment trop classe ici ! Je suis en direction de Leskovik, la vue est dément. J'ai l'impression d'être dans les alpes, le dépaysement avec l'Albanie d'il y a quelques jours est loin ! En arrière plan, j'ai un petit goût de Dolomites avec les montagnes du nom : Maja Fanjas (2350m) et Maja Qesarit (2353m). C'est époustouflant alors que moi je navigue à 1000m plus ou moins. Dans le petit village de Leskovik, je vois encore quelques bouts de marchés au milieu de la rue. Autres bunkers, que j'aperçois depuis quelques jours déjà. Des chiens bien imposants, il faut sûrement être robuste pour errer par ici !
Ce petit bled marque le début de la descente pour Quent ! Je fends la bise à 60-70km/h dans une descente sinueuse, l'asphalte est idéal. Régalade !
Au coin de la dernière épingle, j'aperçois le poste-frontière. Il est bien calme, perdu au milieu de rien, loin des principaux axes de passage ! J'ai oublié de préciser que depuis le début de ma journée, je ne croise personne. Je fais une petite halte devant le panneau écrit en grec. Je me rends compte que j'y suis. La porte d'entrée de la Grèce, c'est ici et maintenant ! Les pensées fusent ... Alors oui mon petit gars, tu t'es encore tiré à l'autre bout de l'Europe avec ta bicyclette. Ça paraît si proche et si loin. Pas vraiment difficile, j'ai l'habitude ... je suppose. Douce sensation d'accomplissement qui se diffuse dans mon esprit. Ce n'est pas encore fini mais quoi qu'il en soit, j'ai traversé les Balkans et personne ne me l'enlèvera ! ☑️
Mon entrée en Grèce ne fut pas des plus simples ! Même en Albanie, je partageais la route avec des bergers et leurs bêtes. Dans ces dernières inclus les chiens de protection. Imposants et massifs, comme en France, ils règnent sur leurs troupeaux pour le protéger des intrus. Alors j'essaie de demander si je peux passer sans danger. Déjà qu'à la ville, je ne me faisais pas comprendre... Mais comment me faire comprendre par un paysan qui a probablement vécu dans la montagne toute sa vie sans le moindre rudiment d'anglais ? Alors j'ai des réponses, à moi de les interpréter. Oui, non ou peut-être que. Cette fois-ci, les chiens ne bronchent pas ! Ce scénario je l'ai répété 10 fois peut-être... Jusqu'au moment où je me suis bien senti dans la merde ! Au détour d'un croisement, je vois deux énormes kangals où ce qui s'en rapproche. Ils sont déjà bien excités de me voir alors que je suis à 200m. Je prends l'autre embranchement, puisque c'est ma route. 300m plus loin, 1 autre chien fait le guet. Il m'a vue, il aboie. J'en vois un deuxième. Bon j'ai pas vraiment le choix, dans les deux sens il y a des chiens qui m'attendent. Alors j'avance prudemment. Je descends du vélo arrivé à une vingtaine de mètres. Je passe à côté du premier, il est à quelques mètres, je l'entends grogner. Bizarrement celui-là, je le sens bien ! Je passe deuxième, qui stationne au milieu de la route. Globalement tout va super bien, les chiens grognent et aboient, mais semblent me laisser passer... Puis d'un coup, je vois 2 puis 4 puis 6 du même gabarit sortir du talus. Eux n'ont pas eu le temps de me voir ! Alors ils me font bien la fête ... Je suis au milieu de 8 énormes bêtes qui me hurlent dessus pour défendre leurs acquis. Heureusement, en me voyant continuer d'avancer sans broncher, j'ai pu passer sans problème. Mais ça ne fait quand même pas rire l'histoire ... Alors je fais une tentative pour changer de route. L'autre est rempli de camions, autant agressifs. Je crois que j'ai plus de chances contre un chien qu'un camion alors j'y retourne ! Tout ira bien jusqu'au bout.
Vu l'avez vu sur la vidéo, j'ai eu le privilège je croiser une tortue. Elle était là, en train de traverser paisiblement la route. Au loin j'ai tout de suite reconnu mais je n'y croyais pas. Je ne savais pas que c'était possible ici. Incroyable moment !
En arrivant au supermarché, je me claque une grande glace, comme pour fêter mon arrivée en Grèce, welcome Queeeent ! 🇬🇷💪
115km - 1 500m D+ - 5h
Patras
Dernier jour du voyage !
Le plan initial était de visiter les météores. Cependant la météo était un peu cata. Athènes en vélo aussi, ça ne me disait pas forcément et puis il faut penser au retour ! Le plus simple semble être le ferry jusqu'à l'Italie et ensuite le train ! Donc il faut que je reste sur la côte est.
Direction Patras, où je prendrais le ferry dans les prochains jours. Je prends la décision d'y louer un petit studio. Ainsi je partirais visiter Athènes à la journée, en bus ! La journée s'annonce longue donc j'essaie de ne pas traîner.
Je quitte les montagnes pour rejoindre la version de la Grèce que j'avais avant d'y venir : paysage plus "sec", oliviers et chaleur !! Je croise encore quelques chiens, pas inquiétants du tout par rapport à hier !
L'itinéraire me fait prendre quelques chemins gravel, c'est super agréable alors que le mercure commence à monter ! 35°C au compteur. Je suffoque. En roulant j'ai la tête qui chauffe comme pas possible sous le casque mais avec la vitesse, le reste ça va. Dès que je m'arrête, c'est l'ensemble de mon corps qui dégouline. En résumé je ne suis jamais bien ! Heureusement la température rechute jusqu'à 27-28 avec quelques gouttes par moment !
Au vu de mon état une fois arrivé, je suis couvert de sel ... Pas étonnant ! Ça commence à se faire sentir dans les jambes. Le vent est de face, pour aller a Patras, je préfère éviter le pont qui me paraît être le cauchemar parfait avec autant de vent. Je prends le ferry, gratuitement.
Me voilà arrivé à Patras, avec une solide journée de vélo dans les jambes, avec l'étape reine de ce voyage !
215km - 1 700m D+ - 8h30
Athènes
Qui dit Grèce, dit Athènes, n'est-ce pas ?
Direction le train pour m'y rendre depuis Patras. J'ai laissé au repos mon cavalier à deux roues. Pour autant, mes jambes n'ont quand même pas été au repos, avec tout ces km parcourus dans la capitale grecque.
Je suis marqué et fasciné par ce stade panathénaïque. Celui qui a accueilli les premiers JO modernes... En 1896. Le passionné de sport que je suis, depuis toujours est méditatif. Surtout en repensant à mes premiers souvenirs de JO ... Qui remonte à 2004. Ici même à Athènes. La boucle est bouclée.
S'ensuit, une errance dans la ville. La foule me fou la gerbe. J'ai envie de fuir, loin, très loin ! Me voici face à cette demoiselle qui joue du piano dans la rue. Je l'ecouterais une bonne demie heure. Loin d'être mélomane, me voilà captivé. Il paraît que quand les choses paraissent faciles, c'est quelles sont bien faites. La délicatesse et dextérité avec laquelle elle exerce son art, j'espère en faire de même sur mon vélo. À chacun son moyen d'expression.
Direction le ferry pour un retour en Italie mardi ?
Bari
Après la nuit dans le ferry, le retour en Italie ! J'y attends mon train pour Milan. S'en suivra Turin !
Turin
Descente du train et retour sur le vélo, il est temps de conclure ce périple.
Modane

Après avoir passé 20h dans le ferry, direction le train jusqu'à Milan. De Milan, je saute dans un autre train en direction de Turin, où j'arrive vers 00h.
Changement express, je me mets en route avec l'objectif de passer la frontière via le col du Mont Cenis. Dans la nuit. Seul problème, non des moindres, le col n'est pas encore ouvert ! Alors je pars avec l'idée que peut-être je ne vais pas réussir à passer et être contraint de redescendre à Turin. Ou que je vais passer plus km dans la neige. Par chance, le col est en excellente condition, pas de neige, uniquement des cailloux parsemés sur la route. Il faut rester vigilant car dans l'obscurité, je peux facilement en heurter un.
Tout cela à bien faillit ne pas avoir lieu, quand en sortant de Turin, je me retrouve sous une pluie battante d'un orage. Ici et là, les éclairs foudroient le ciel, par chance, pas au-dessus de moi. Je suis trempé mais pas contraint de m'arrêter. À ce moment je me dis que c'est bien mal embarqué l'histoire ! 2h30 : j'arrive à Suse au pied de la montée vers le col. Je fais le plein d'eau et le point. Les éclairs tapent mais loin derrière moi. Le ciel semble dégagé partiellement puisque j'aperçois la lune, pleine ou quasi. Je le tente ! Je décide de monter vite car il ne fait pas chaud mais surtout pour me laisser de la marge si je dois galérer dans la neige. En transperçant la brume, classique du Mont Cenis, j'arrive au sommet vers 5h, a peine avant. L'humidité est bien présente, la température bien basse : 0-1°c. Mais pas de gel. J'enfile mes habits pour la descente. Deux sacs plastiques sur les mains en guise de gants, que je n'ai pas, ça fera l'affaire, de toute façon je suis pas frileux ! Plein pétrole, j'arrive à Val Cenis puis Aussois et finalement Modane.
Fin du bal, pour ce périple de fou. Encore une fois l'aventure aura été belle, enrichissante et surprenante à bien des égards. Comme sur des rails, tout s'est déroulé comme prévu sans trop de galères. L'habitude, j'imagine, après ces 3 années à parcourir l'Europe dans ce mode de vie. L'habitude et l'engouement de sortir de sa zone de confort. Faire en sorte d'être à l'aise partout et dans toutes les circonstances. Être en équilibre, sur le fil. Tomber dans le bonheur et la joie intense d'un côté, dans la galère et la "précarité" de l'autre. Quoi qu'il en soit, l'aventure ne déçoit que très rarement. Alors comptez sur moi pour ne pas perdre le fil.
Maintenant place au sérieux et la rigueur de l'entraînement sur le vélo. Mes objectifs de performances et de courses arrivent bientôt. On se retrouvera d'ici quelques semaines, lorsque je prendrai la route de la Norvège, pour représenter haut les couleurs de notre beau pays, sur une course de VTT dans le grand nord !
Merci à tous de m'avoir suivi, encouragé et soutenu. Vous êtes des chefs.
Tous les voyages


















































































