Récit de mon voyage en péninsule ibérique !
Le carnet de route
Écrit au fil du voyage sur Polarsteps.
Porto

Vila Real
Dimanche matin, réveillé à 2h30 du matin pour prendre l'avion. Avec un peu de stress : mon vélo va-t-il arriver ? En bon état surtout ? 🤞 Tout est OK. Je me mets en selle, vers 9h, depuis Porto. La première journée est un calvaire. Ni plus et surtout pas moins. 35°c, pour un gars qui sort de l'hiver et qui n'aime pas du tout le chaud, ça fait déjà beaucoup. C'était sans compter le manque d'eau qui me conduit amicalement vers une bonne déshydratation. Je pose le vélo à 19h. A ce moment j'ai envie de faire demi tour et rentrer chez maman, comme quand tu te prends une rouste. Ça fait quand même tard depuis mon réveil matinal ... Journée de merde. 120km : 2700m D+.
Valpaços
Petit programme pour me remettre de mes émotions et tenter de prendre un peu de plaisir. C'est chose faite malgré une petite lutte contre le chaud, où je mets le holà assez rapidement. Me voilà au camping à 15h 🥳 80km : 1100m D+.
Puebla de Sanabria
I'm back. Je suis à nouveau propriétaire et en maîtrise de mon corps. Je m'habitue au poids du vélo (35-40kg). Donc ça se passe bien. 👌 Il fait tiède. Un peu chaud dans les montées mais ça se fait bien. Surtout, je suis solo. Me voilà perdu dans le paysage et c'est exactement ce que je cherche quand je pars. Cette région très sauvage et magnifique me rappelle pourquoi je fais ça. Cette partie du Portugal est incroyable. 🇵🇹 Le premier jour est loin, il semblerait que ça soit la journée d'aventure idéale. Tour de roues après tour de roues ... Me voilà en Espagne. La langue locale devrait moins me poser de problème qu'au Portugal (merci Google translate par exemple au camping). À une époque, je baragouinais pas si mal l'espagnol, l'avenir me dira si c'est comme le vélo : ça s'oublie pas ?! Clairement, ça demande à revenir trainer dans cette partie du pays : Parc naturel de Montesinho. 110km : 2200m D+.
Albergue Las Hadas
Après un doux réveil à 4 degrés, le double de ce qui m'avait été annoncé. Toutes mes affaires sont un peu humides mais rien de bien méchant. Dès les premiers tours de roues, vers 9h10 quoi, je comprends que c'est une belle journée. Je suis bien mieux à 6 degrés qu'à 26. Aujourd'hui il le thermomètre n'a pas dépassé les 24. Je traverse une région que je n'avais absolument pas imaginée comme ça sur la carte. Il se passe de longues minutes sans apercevoir le moindre engin motorisé. Le rêve de tout cycliste ? Le mien du moins. Je m'arrête maintes fois, pour sortir le drone et tenter de capturer ce que mes yeux voient. Moi au milieu de nulle part. Je mange aussi quelques bonbecs 🍬 C'est bon pour ma ligne. En milieu de journée, je rejoins le plat pays. Plat comme la main. 🫳 Je me régale à appuyer sur les pédales. Tantôt comme un bourrin, tantôt je caresse les pédales (pas trop non plus). Ça me permet de casser un peu la monotonie du plat. 😅 Je réserve l'auberge aux alentours de 14h. Auberge depuis laquelle j'écris ces lignes. Je partage ma chambre avec des pèlerins. Me voilà sur le chemin de St Jacques de Compostelle, ceci explique cela. Ça me fait du bien de parler et rencontrer des gens. Car jusqu'à maintenant les campings étaient vides. Pourtant ces régions valent le coup de s'y aventurer !! 😍 Le corps et les jambes se sont bien habitués au poids du vélo, que je rappelle s'approche des 40kg ou un peu moins en fonction de la gourmandise que j'embarque. 🍬🌭🍌🍫
Fin du bal cycliste à 17h. 140km : 1100m D+.
Aguilar de Campoo
Je passe la nuit à l'auberge, jusqu'à là tout va bien. C'était sans compter le bûcheron qui a décidé de tronçonner du bois toute la nuit, à 3m de moi. Alors des ronflements, déjà entendu mais des comme ça rarement 🏎️. Même avec les bouchons d'oreilles, j'ai l'impression de partager mon oreiller avec ce type. De type hipster. 😜 J'ai quand même pas si mal dormi 👌
Départ vers 8h30, je prends "el camino de Santiago". Le chemin de Compostelle quoi. J'y salue des centaines de personnes. Qui se déplacent à la force de leurs jambes aussi, mais par un moyen bien trop lent pour moi. "¡Hola!", "Buenas .. " ... Toutes me rendent la pareille. Sauf un certain type de "personnes". Celles à vélo. Et ça fait mal au cul. Quand tu es à vélo tu dis "bonjour" aux autres vélos. Encore plus si dans les deux cas, tu as des sacoches dessus. Question de principe.🤮
Sinon, je fais face ... Au vent qui vient ... De face donc. 40km/h. Je suis collé au bitume, au gravier ou tout ce que tu veux. En descente je dois pédaler sinon je m'arrête 😅 Mais en vrai, ça c'est plutôt bien passé contrairement à ce que j'aurais imaginé. El camino m'apporterait -il de la sagesse ? 🤔
Je traverse quelques villages, typiques, tous désertiques. Pas un gars à l'horizon, pas une auto. J'emprunte de belles pistes gravel. Si le paradis du gravel existe, ça peut être ici. C'est vallonné avec des vraies montagnes à l'horizon vers lesquelles je me dirige, comme aimanté. ⛰️
Je prends beaucoup de plaisir malgré le vent. J'avais pas spécialement d'attentes concernant ce périple, avec le peu d'infos sur ces régions à vélo, je pensais que c'était pas très attrayant. Force est de constater que j'en prends plein les mirettes et ça vaut le coup. Et je ne comprends pas pourquoi ces routes, chemins ne sont pas plus conseillés... 😍
Ce soir, je suis à nouveau sous la tente. Mentalement et physiquement tous les signaux sont au vert. J'espère résister au -1°c annoncé au réveil demain matin.
135km : 1500m D+.
Arenas De Iguña
Je me fais délicatement réveiller par l'humidité de mon duvet, au niveau de mon visage aux alentours de 6h30. Il semblerait qu'il fasse assez frais puisque tout est gelé à l'intérieur de ma tente mais auss à l'extérieur (-2°c). Dans mon duvet, j'y suis au chaud, ça va. Assez pour me faire kidnapper par ce dernier pour 1h ou 2 de sommeil en plus. Avec la condensation plus l'humidité du terrain, tout est trempé autour de moi et sur moi. Je regarde la météo vers 7h pour savoir les températures annoncées cette nuit. Elles seront encore très proches de 0 et pour le coup, je suis sur de me cailler si j'ai pas fait sécher mes affaires.
La décision est rapidement prise, aujourd'hui petite journée pour avoir le temps de faire sécher les affaires et j'irais dormir au sec. Je retourne embrasser mon oreiller. 😘
Je me sors définitivement du "lit", au final je me sens mieux par ces températures qu'à 35 comme vous commencez à le savoir mais c'est la vérité. Rien que la vérité, promis !
Aujourd'hui, je tourne au ralenti. Je sais que j'ai 65km à parcourir. Je m'arrête partout, pour tout et pour rien. Manger. Boire 1km plus loin. Chose que j'essaie d'optimiser sur des journées classiques pour gagner un peu de temps. Mon kiff, c'est faire des bornes ~130 par jour mais avoir le temps en fin de journée, de me poser, monter la tente, discuter, manger, planifier l'itinéraire du lendemain... Bref quand je pars le matin, j'aime bien roulé (1 à 2h de pause max) la journée pour avoir le temps de faire le reste en fin d'aprem, disons vers 17h dans l'idéal. 🕔
Aujourd'hui, pause après pause, j'arrive quand même à mon logement à 14h15. J'ai a faire à un ami du propriétaire, visiblement éleveur de vache dans la fameuse "Cantabria". Il me parle espagnol pour l'installation. Je comprends mais vraiment pas tout. Et surtout je suis incapable de faire une phrase en espagnol. Je fais de l'espaglais. Un peu, beaucoup d'anglais avec quelques mots d'espagnol. Compliqué pour le gars qui ne parle pas un mot d'anglais en face. 😂 Je fais sécher mes affaires, lave mes habits et je glande aussi. Et demain c'est reparti. Retour en terre sainte (🇨🇵), après demain potentiellement 😜
Ribera Alta
Départ matinal à 8h. Je sais qu'un bon morceau m'attend ce matin. Étape prévue : 140km pour 2300m de D+. Mais la particularité c'est que j'ai surtout 1 première montée de 400m de D+ et une de 1000m sur les 40 premiers km. Je sais donc que je vais y passer un bon moment. J'espère être au sommet de la deuxième vers 12h.
Je passe par un chemin gravel, mais qui passe pas tout à fait sur le vélo. Je pousse un peu, je marche ... Ça va, j'espère juste que ça ne dure pas très longtemps comme ça 😂 Entre les deux difficultés, je me fais doubler par des groupes de cyclistes. Ils doivent se demander ce que je fou dans ces cols avec autant de matos. J'envie leur légèreté et la sensation de vitesse par rapport à la mienne. 😅 J'ai le droit à quelques encouragements, c'est sympa 💪
Coups de pédales après coups de pédales, je hisse ma maison roulante au sommet. La vue est magnifique. Je pensais apercevoir l'océan qui n'est pas si loin, mais visiblement ce n'est pas le cas. Je suis content et je me crois presque arrivé. Bien mal m'en a pris.
Dans un profil descendant, avec quelques bosses jusqu'à ma destination, je me retrouve à être coller au bitume. La faute au vent, à nouveau. Bien de face ou 3/4 face. J'avoue prononcer quelques gros mots, bien mérités d'après moi ... 😵💫 Puis visiblement ça fait sont effet puisque mon itinéraire tourne légèrement vers la droite, je l'ai de côté dans des lignes infiniment droite !! Puis je trouve à nouveau à droite. Bim, plein dos. Voilà, il suffisait de demander grossièrement. 🥰
Une petite heure, c'est toujours mieux que rien. Mais je me régale, en terre basque puisque j'ai passé le panneau me l'indiquant. Je vous disais hier que mon arrivée idéale au camping était vers 17h. Aujourd'hui, je pose le vélo à l'accueil, il est 17h03. Quel timing. 👌
Monter la tente, manger, douche, laver les affaires, m'allonger, manger, boire bla bla bla, la routine quoi. 140km pour 2300m D+, sans avoir l'impression d'avoir trop forcé. 🥳
Par quelle endroit/frontière vais-je rentrer en France demain ? Telle est la question. A vos réponses 😜
Bayonne
Nuit relativement courte et un réveil relativement tôt (6h30), me voilà en selle vers 7h30. La température est fraîche (1/2°C), bien humide. Je sors les gants. Pour ceux qui me connaissent vous savez que ça veut dire que la sensation de froid est bien présente 😜
Le début de journée se passe bien, c'est vallonné mais assez plat. Autrement dit, je me régale. Ça en quille les km comme .... ? Dimanche oblige, maintes cyclistes sont sur les routes. J'en double, je me fais doubler. Je sais que ma journée sera longue. ~190 km pour moi. Évidemment on est dimanche, tout est fermé et j'ai oublié ce petit détail.
À 11h30, après 80km, je m'arrête dans une boulangerie pour acheter mon repas. Ça sera des muffins, de toute façon, il ne reste plus rien. C'est pas fou mais ça sauve ma journée.
Plus la journée avance, mieux ça va sur le vélo. Je boucle les premiers 100km avec 1200m D+ à ~24km/h de moyenne. Je continue ma montée en puissance. Chaque jour je me sens de mieux en mieux. J'arrive dans les difficultés. Le boulot fait sur le vélo cet hiver paye.
Dans le dernier col de la journée, à 1km du sommet, que signifie mon retour en France, je rencontre un cyclo suisse avec qui je discute un bon moment. Il prévoit de traverser les Pyrénées. Il me demande d'où j'arrive ce matin et combien de km j'ai fait. De fil en aiguille, on parle du Cap Nord. Il y était l'an dernier. Il semblerait qu'on y ait vécu une aventure similaire. Ça vous change des bonhommes ces latitudes. 😅
Je bascule tout seul, me voilà en France. 🇨🇵 Je file au camping. Je demande où je peux manger ce soir, car je n'ai plus un gramme de nourriture sur moi. Heureusement il reste, un seul établissement dans le village. J'y ai très bien mangé. J'y ai aussi fêté la fin de mon périple, le gros est derrière moi. Vu la météo, la reste se passera un peu en train. Je garde mon quota de pluie pour cet été en Scandinavie 😜
Last but not least ... Je crois que d'un point de vue cycliste, mon année 2024 est déjà plus aboutie que 2023. Il me tenait à cœur de faire mieux, pour plein de raisons. Je crois que c'est chose faite et nous sommes que le 21 avril... 2024 sera énorme, soyez en sûre !
190km : 2500m D+ 👌
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